Le taux d’inoccupation des résidences pour aînés a grimpé au Québec, dit la SCHL

OTTAWA — Le taux d’inoccupation des places ne nécessitant pas de soins assidus dans les résidences pour aînés du Québec a grimpé à 7,2 pour cent cette année, comparativement à 6,9 pour cent l’an dernier, a révélé vendredi la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

Dans son rapport, l’agence fédérale a souligné que les places «standards» dans ces résidences, qui accueillent des personnes autonomes recevant moins de 90 minutes de soins par jour, étaient moins dispendieuses et plus populaires au Québec que dans les autres provinces canadiennes.

Ces deux dernières années, le taux d’inoccupation du Québec a grimpé d’un point de pourcentage, après avoir diminué de 2,5 points de 2013 à 2017, a précisé l’agence. Selon la SCHL, cela est vraisemblablement attribuable à une relance de la construction dans ce segment du marché, depuis 2015, ce qui aurait fait croître l’offre à un rythme plus rapide que celui de la demande.

Dans certains centres de la province, les résidences doivent cependant s’ajuster à la concurrence croissante de certains produits substituts, comme les appartements locatifs traditionnels ou les copropriétés offertes en location, a précisé la SCHL.

Même si ces options n’offrent pas la même gamme de services, ils répondent à une certaine partie de la demande, en particulier chez la clientèle âgée autonome.

Le taux d’inoccupation des places demandant des soins assidus au Québec est maintenant estimé à 5,7 pour cent, alors qu’il était de 4,2 pour cent en 2018.

«À plus long terme, lorsque les baby-boomers entameront la phase de perte d’autonomie, de nombreux enjeux émergeront pour le logement, plus particulièrement dans le segment des soins assidus, étant donné les besoins importants en ressources humaines et financières qui sont associés à cette étape de la vie», a écrit la SCHL dans son rapport sur le Québec.

Même s’ils ont enregistré une hausse annuelle de 3,4 pour cent, les loyers des places standards du Québec étaient les plus bas au pays, atteignant en moyenne 1788 $ par mois. Le loyer moyen le plus dispendieux était celui de l’Ontario, qui a progressé de 3,9 pour cent cette année pour atteindre 3759 $.

Le Québec s’est aussi distingué au chapitre du taux d’attraction, qui exprime la proportion de la population âgée d’au moins 75 ans qui habite dans une résidence privée pour personnes âgées. Ce taux a atteint 18,4 pour cent au Québec en 2019, alors qu’il se chiffrait en moyenne à 6,1 pour cent dans les autres provinces. 

Ailleurs au pays, les taux d’inoccupation pour les places standards étaient généralement plus élevés dans les Prairies. Ils s’établissaient entre 13 pour cent et 17 pour cent en Alberta et en Saskatchewan. Le Manitoba faisait cependant exception, avec un taux d’inoccupation de 2,8 pour cent — le plus faible du pays.

Dans les provinces atlantiques, les taux d’inoccupation des résidences pour aînés oscillaient entre 7 pour cent et 11 pour cent.

En Ontario, le taux d’inoccupation des places standards dans les résidences pour aînés est resté essentiellement stable à 10,3 pour cent, comparativement à 10,4 pour cent l’an dernier. Le taux pour l’ensemble des places est lui aussi resté stable, autour de 9,9 pour cent, ce qui constitue un creux inégalé.