Le Témiscamingue tiendra une conférence le 9 décembre sur ses immigrants

VILLE-MARIE, Qc — La MRC du Témiscamingue a lancé récemment une grande recherche sur son territoire, pour connaître les meilleurs moyens de retenir les immigrants dans la région. La MRC tiendra donc une conférence-web le 9 décembre prochain, pour discuter de la situation.

Actuellement, la MRC fait circuler trois sondages à travers le Témiscamingue, un pour les personnes immigrantes, un pour les employeurs et un dans la population en général. On cherche à connaître les raisons qui poussent les immigrants à rester ou à quitter le Témiscamingue. «Plusieurs familles qui se sont établies dans le secteur l’ont fait parce qu’elles se sont trouvé un emploi par ici, explique la préfète de la MRC, Claire Bolduc. On cherche les moyens de mieux accueillir et intégrer les personnes immigrantes.»

Intégration et occupation

Mme Bolduc est cependant prudente quand elle parle d’intégration. «Les mots n’ont pas tous le même sens selon notre point de vue, indique la préfète. Pour nous, quand on parle d’intégration, cela signifie accueillir les personnes d’ailleurs pour qu’elles se sentent à l’aise. Plusieurs immigrants voient plutôt l’intégration comme le fait d’abandonner qui ils sont pour prendre une couleur locale.»

Même chose quand on parle d’occupation du territoire, un terme cher aux Témiscamiens en général. «Pour nous, cela signifie habiter le territoire, le rendre vivant, dit Claire Bolduc. Pour des gens venant de pays en guerre, comme la Syrie ou Israël, l’occupation du territoire prend un tout autre sens.»

Accès au pays d’origine

L’éloignement des grands centres est un obstacle, à prime abord, pour accueillir les nouveaux arrivants, croit Claire Bolduc. Ils ont souvent un attachement encore très fort à leur pays d’origine, et dans ce contexte, aucun aéroport dans la région ne peut leur offrir cet «accès» à leur pays. «Il faut leur faire comprendre qu’ils ne sont pas complètement coupés de leur pays d’origine, dit la préfète. Il faut aussi qu’ils comprennent qu’avec un nouvel emploi, une nouvelle vie, ils auront la possibilité de se créer, pour eux et pour leurs familles, un nouveau point d’ancrage.»

La conférence sera animée par Émilie Bouchard, une spécialiste en régionalisation de l’immigration. «Nous ne sommes pas la seule région au Québec à vouloir essayer de retenir nos immigrants, indique Mme Bolduc. Nous devons nous questionner sur les défis rencontrés et sur les raisons qui modifient les choix de vie. Il faut savoir poser les bonnes questions et déterminer comment agir différemment, et mieux.»

Plusieurs sous-régions de l’Abitibi-Témiscamingue se posent les mêmes questions par rapport aux immigrants. Depuis quelques années, par exemple, la Chambre de commerce de Val-d’Or organise des séjours exploratoires, offrant des voyages aller-retour en avion pour essayer de jumeler des candidats avec des employeurs. 

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A l’attention du journaliste:
Bel article sur la démarche de la MRC du Témiscamingue pour inviter les immigrants à participer au développement de son territoire .
Mais SVP, en considérant la puissance des mots, éviter d’utiliser le mot «sous-région » dites plutôt « territoire » qui est à mon sens moins réducteur .

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