Le temps des Fêtes est propice aux enlèvements parentaux, reconnaît l’ASFC

MONTRÉAL — Encore une fois cette année, les douaniers canadiens seront aux aguets en cette période de réjouissances et de voyages en famille puisque les statistiques démontrent qu’il s’agit aussi d’un moment propice aux enlèvements parentaux

Peu connu du grand public, ce phénomène est malheureusement devenu un classique du temps des Fêtes pour les employés de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ainsi que pour le Réseau Enfants-Retour, appelé souvent en renfort, particulièrement lorsque l’enfant est rendu dans un pays étranger.

«Bon an, mal an au Québec on parle d’une centaine de cas, indique la directrice générale du Réseau Enfants-Retour, Pina Arcamone, jointe par La Presse canadienne. Présentement, il y a autant de mamans que de papas qui décident de partir ou de retourner dans leur pays natal, par exemple, avec l’enfant sans le consentement de l’autre parent.»

Mme Arcamone note aussi que l’enlèvement parental est le type d’enlèvement le plus courant au Canada, même s’il s’agit d’un crime au sens de la loi.

«On observe différents cycles. Par exemple, à l’occasion du congé scolaire au printemps, du congé de Pâques, avant la rentrée scolaire ou durant le temps des Fêtes (…) Si on regarde l’ensemble des disparitions d’enfants au Québec qui sont signalées aux corps de police, tout près de 15 % représentent un enfant enlevé par un membre de la famille», précise-t-elle.

Le scénario est pratiquement toujours le même: un parent insatisfait de ses conditions de garde décide de se faire justice. L’enfant part en vacances, mais ne revient pas à la date prévue.

«Chaque année, on trouve des enfants disparus», reconnaît sans aucune hésitation Véronique Lalime, porte-parole de l’ASFC dans une récente entrevue à La Presse canadienne.

«Nos agents sont vraiment à l’affût. Lorsqu’ils voient des enfants, ils portent une attention particulière au respect des conditions de garde en ce qui a trait aux voyages,» dit-elle.

Et il n’y a pas que les hommes qui sont dans la mire des douaniers, souligne-t-on du côté du Réseau Enfants-Retour.

«Depuis qu’on émet des ordonnances de garde partagée, on voit que cela concerne autant de mères que de pères. Il faut vraiment être aux aguets et ne pas minimiser ou banaliser la chose si un enfant est enlevé par sa mère», dit Pina Arcamone.

Heureusement, l’aventure se termine bien pour la majorité des enfants, mais l’angoisse de l’autre parent, elle, peut durer longtemps. 

«Je vous dirais que dans la grande majorité des cas, on a localisé les enfants. Cela a pu prendre quelques heures, mais parfois ça prend des jours et des mois dans quelques cas», reconnaît Mme Arcamone qui souligne que le processus peut être plus compliqué pour rapatrier un enfant d’un pays qui n’est pas signataire de la Convention de La Haye sur la protection des enfants. 

«Dans la majorité des cas, ça se termine bien. On localise les enfants et on les retourne à la maison avant qu’il y ait des séquelles graves.»

À l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) on profite aussi de l’occasion pour lancer un appel à l’ensemble des voyageurs, qui accompagnent des enfants, afin de faciliter les déplacements durant cette période très achalandée de l’année dans les aéroports et aux postes frontaliers terrestres.

«Quand les gens ont des gardes partagées, c’est important qu’ils aient les documents légaux et lettres de consentement de l’autre parent si les deux parents ne voyagent pas avec les enfants. C’est quelque chose qu’il faut garder en tête et qui va faciliter ou retarder un passage à la frontière», conclut Mme Lalime.