Le tireur de Parkland, Nikolas Cruz, condamné à passer le reste de sa vie en prison

FORT LAUDERDALE, Fla. — Près de cinq ans après la tragédie, des proches des 17 personnes assassinées par le tireur de l’école de Parkland, Nikolas Cruz, ont pu le confronter face à face, mercredi, lors de la deuxième journée d’une audience sur la peine au terme de laquelle il a été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle.

Le prévenu, enchaîné et vêtu d’un uniforme de prisonnier rouge, a regardé la juge Elizabeth Scherer prononcer la sentence sans démontrer d’émotion. Elle l’a condamné à purger 17 peines de prison à vie consécutives pour le massacre perpétré le 14 février 2018 à l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas en banlieue de Fort Lauderdale. À sa sentence s’ajoutent aussi 17 condamnations pour tentative de meurtre sur des victimes blessées.

La juge Scherer n’avait pas d’autre choix au moment de prononcer la peine puisque le jury avait décidé de le condamner à mort par une majorité de neuf contre trois. Toutefois, la loi floridienne exige l’unanimité pour imposer la peine de mort.

Interrogé par la juge, Nikolas Cruz a confirmé qu’il était sous médication, mais qu’il était en mesure de bien comprendre ce qui était en train de se jouer devant lui.

La juge a salué le courage des familles et des victimes blessées qui sont venues témoigner. Elle a loué leur force, leur grâce et leur patience.

«Je sais que vous allez vous en sortir parce que vous pouvez compter les uns sur les autres», a-t-elle dit.

La voix de la juge s’est brisée au moment de prononcer la première condamnation à perpétuité, mais elle a par la suite gagné en force et en volume au rythme où elle défilait la liste de peines consécutives. Des proches des victimes présents dans la salle ont laissé couler des larmes à l’écoute de la peine.

Pour une deuxième journée de suite, les familles des victimes ont pu déverser leur colère devant l’auteur de la tuerie.

Accompagnée de son conjoint, Annika Dworet a raconté à quel point les détails du massacre étaient «douloureux» à entendre. Présente à chaque audience du procès, elle a affirmé qu’il était «insupportable» d’être dans la même pièce que le «monstre» qui avait abattu leur fils Nicholas et tenté de tuer leur autre fils, Alex.

Mme Dworet a ajouté que «l’une des actions les plus dégoûtantes et les moins professionnelles» qui s’étaient produites dans la salle d’audience avait été commise par l’équipe de défense, qui «tenait, touchait et riait avec ce meurtrier».

Enchaîné et vêtu d’une combinaison de prison rouge, Nikolas Cruz fixait les intervenants, mais montrait peu d’émotion, tout comme il l’avait fait la veille.

Lorsque Jennifer Guttenberg, mère de la victime Jaime Guttenberg, s’est levée pour s’exprimer, elle a commencé par réprimander l’accusé de cacher son visage et ses expressions derrière un masque contre la COVID, l’exhortant à retirer son couvre-visage.

M. Cruz a été reconnu coupable du massacre du 14 février 2018 à l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas, dans la banlieue de Fort Lauderdale. La juge de circuit Elizabeth Scherer n’a eu d’autre choix que d’imposer cette peine, le jury du procès de M. Cruz n’ayant pas atteint l’unanimité concernant une possible peine de mort.

Des membres des familles des victimes et certains des 17 blessés ayant survécu s’étaient tenus, mardi, à quelques mètres de M. Cruz. Ils l’avaient regardé dans les yeux et avaient exprimé leur colère et leur chagrin, racontant à l’homme de 24 ans leur espoir que ses années restantes soient remplies de la peur et de la douleur qu’il a infligées. 

Beaucoup ont également critiqué une loi de la Floride, qui exige l’unanimité du jury pour qu’une condamnation à mort soit prononcée. Seuls 9 des 13 jurés de Nikolas Cruz avaient voté en faveur de son exécution le 13 octobre dernier.

Mercredi, les proches qui se sont adressés à M. Cruz ont abondé dans le même sens que ceux qui s’étaient prononcés la veille.

David Alhadeff, l’oncle de la victime Alyssa Alhadeff, a déclaré à M. Cruz via Zoom qu’il méritait «l’opportunité de pourrir». 

«Vous méritez l’opportunité d’absorber le regard de terreur sur votre visage une fois que vous quitterez cette salle d’audience. Vous méritez l’opportunité de savoir que la justice prévaudra, vous causant une grande angoisse, minute par minute, jour après jour».

Nikolas Cruz, un ancien élève de Stoneman Douglas alors âgé de 19 ans, avait enfilé un chandail à l’effigie de l’école afin de se fondre parmi les élèves effrayés lors de sa fuite. Il avait été interpellé une heure plus tard.

Le directeur sportif Chris Hixon avait été abattu en essayant d’arrêter le tireur. Blessé, le vétéran était tombé au sol et avait tenté de se cacher dans une alcôve, mais Nikolas Cruz l’avait achevé en lui tirant dessus à nouveau.

Son fils, Thomas Hixon, un vétéran de la Marine, a rappelé mardi que Nikolas Cruz avait exprimé des remords lorsqu’il avait plaidé coupable des meurtres, l’année dernière, pour tenter d’éviter la peine de mort.

«Où étaient vos remords lorsque vous avez vu mon père blessé et en sang sur le sol, et que vous avez décidé de lui tirer dessus une troisième fois ?» a demandé M. Hixon au tueur. «Votre défense a profité de l’idée de votre humanité, mais vous n’en aviez aucune pour ceux que vous avez rencontrés le 14 février».

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