Le trafic ferroviaire de marchandises semble avoir repris dans le sud ontarien

TORONTO — Les manifestants qui dressent des barrages sur les voies ferrées au Québec et en Ontario depuis trois semaines ont intensifié leurs actions et leurs discours, mercredi, alors qu’à Ottawa, le gouvernement les accusait de compromettre la sécurité publique.

Le trafic ferroviaire de marchandises dans le centre de l’Ontario semblait tout de même reprendre, mercredi, alors que le service de trains de banlieue qui avait été perturbé mardi dans d’autres parties de la province retrouvait ses horaires habituels.

La Police provinciale de l’Ontario (OPP) a indiqué qu’une poignée de manifestants avaient allumé des petits feux près du chemin de fer et sur les voies ferrées à proximité des barricades principales qui avaient été démantelées par la police au début de la semaine en territoire mohawk de Tyendinaga, près de Belleville, en Ontario.

Des manifestants ont été vus dans une vidéo se tenant mercredi sur les voies ferrées à l’approche d’un train de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), puis évitant le convoi à la dernière seconde. On voit aussi un manifestant lancer une palette de bois enflammée près des roues du convoi.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, a qualifié de «totalement irresponsable» ce geste «extrêmement dangereux, non seulement pour les personnes qui essayaient d’allumer un feu en dessous d’un train en marche, mais extrêmement dangereux pour d’autres personnes, particulièrement s’il y avait des matières dangereuses à bord du train». Ces «gestes dangereux» ont aussi été dénoncés à Ottawa par le premier ministre Justin Trudeau et le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair.

Pendant ce temps, le premier ministre du Québec, François Legault, a laissé entendre que la Sûreté du Québec n’était toujours pas intervenue pour démanteler le blocus à Kahnawake, au sud de Montréal, parce que ces Mohawks seraient armés, potentiellement avec des fusils d’assaut AK-47, a-t-il dit. Le secrétaire de la Première Nation à Kahnawake, Kenneth Deer, a nié ces allégations «extrêmement irresponsables et grotesques». Le chef de l’Assemblée des Premières Nations pour le Québec et le Labrador, Ghislain Picard, a reproché au premier ministre Legault de tenir «des propos très dangereux et offensants».

Les manifestants à Kahnawake ont de leur côté installé des murets de béton et déversé des chargements de pierre pour renforcer un blocus en place depuis le 8 février.

Dans le territoire mohawk de Tyendinaga, le service de train de marchandises semblait tout de même rétabli, malgré quelques perturbations sur un deuxième site de manifestation, qui était resté en place même après l’opération policière de lundi. L’OPP a déclaré qu’elle n’avait pas l’intention de déloger ces manifestants pour l’instant. Cette dernière perturbation a eu lieu à proximité des barricades qui avaient paralysé tout le trafic ferroviaire dans la région pendant plus de deux semaines.

Trains de banlieue

Plus à l’ouest, l’agence de trains de banlieue Metrolinx, qui dessert une grande partie du sud de l’Ontario, a déclaré qu’elle ne prévoyait pas mercredi de retards et d’annulations comme ceux qui ont entraîné des perturbations pendant l’heure de pointe de mardi. Metrolinx, qui exploite le réseau GO Transit, avait suspendu son service sur plusieurs trajets alors qu’une série de manifestations de soutien éclataient dans la grande région de Toronto.

La police de Toronto a annoncé qu’elle avait procédé à trois arrestations sur les lieux d’une manifestation mardi soir dans l’ouest de la ville. La police a déclaré sur Twitter, mercredi matin, que les agents avaient remis aux manifestants une copie de l’injonction du tribunal et commencé à les éloigner des voies ferrées. Selon les policiers, la plupart des manifestants ont coopéré, mais «des arrestations ont été faites lorsque cela a été nécessaire».

Le blocus menaçait de retarder les déplacements matinaux dans l’ouest de la ville, mais la police a indiqué que la voie ferrée avait été dégagée et que la plupart des lignes de trains de banlieue fonctionnaient normalement mercredi matin, avec peut-être des retards mineurs.

Les manifestants avaient également installé de nouvelles barricades en Ontario et au Québec cette semaine, même si certaines ont été abandonnées ou démantelées le jour même.

Une manifestation dans une gare GO de Hamilton a provoqué de nombreuses annulations et retards à partir de lundi soir, mais la police locale a déclaré que les manifestants avaient mis fin pacifiquement au blocus vers 17 h mardi. D’autres perturbations sont aussi survenues mardi, notamment un blocus le long d’une route près du site d’un litige foncier à Caledonia, en Ontario.

Plusieurs blocus très médiatisés avaient également été démantelés par la police en Colombie-Britannique et en Ontario plus tôt cette semaine.

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