Le tueur de la Nouvelle-Écosse avait un comportement violent et paranoïaque

HALIFAX — Des documents judiciaires rendus publics lundi décrivent comment le tueur de masse Gabriel Wortman a violemment agressé son père, il y a des années, et comment sa paranoïa s’est amplifiée avant la tuerie d’avril en Nouvelle-Écosse.

Le tueur âgé de 51 ans a enlevé la vie de 22 personnes, les 18 et 19 avril, avant d’être abattu par les policiers dans une station-service de la ville d’Enfield.

Selon les documents obtenus à la Cour provinciale par l’entremise d’une demande d’un consortium de médias, dont fait partie La Presse Canadienne, la conjointe et un cousin de Gabriel Wortman ont raconté que celui-ci avait frappé la tête de son père contre la paroi d’une piscine lors de vacances en famille dans les Caraïbes en 2016.

Une requête policière datant du 5 mai et visant à obtenir un mandat de perquisition cite un cousin du tueur, un policier retraité de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), décrivant Gabriel Wortman comme un «étrange petit homme» durant leur enfance. Il dit avoir acquis la conviction qu’il était un criminel de carrière capable de commettre des meurtres.

Selon les documents judiciaires, la conjointe du tireur révèle qu’il l’avait déjà charmée avec des fleurs, mais qu’il avait sombré dans la paranoïa et la violence au cours des dernières années.

Elle a raconté qu’il lui avait déjà dit croire qu’il serait facile de tuer des policiers. Le soir de la tuerie, il aurait disjoncté. Ils auraient discuté ensemble et fait des projets, avant qu’il ne mette le feu à sa propriété de Portapique, en Nouvelle-Écosse.

Les documents révèlent aussi comment Gabriel Wortman s’est procuré 475 000 $ en billets de 100 $ dans un point de service de la Brinks, le 30 mars, alors qu’il devenait de plus en plus anxieux face à la COVID-19.

Les enquêteurs détaillent également une série de transactions effectuées en 2019 ayant permis au tueur d’assembler une réplique d’un véhicule de police utilisée pour commettre ses crimes.

Une fausse voiture de police

Parmi les achats, on note l’acquisition d’anciennes voitures de police, de gyrophares et d’un système de contrôle, d’une caméra de bord, de lettrage et d’un pare-buffle à l’avant afin de créer une réplique quasi identique d’un véhicule de patrouille.

Des témoins cités dans les documents judiciaires permettent de comprendre comment le tireur a pu obtenir l’aide nécessaire à la fabrication de lettrage aux couleurs de la police.

Peter Griffon a fourni une déclaration aux policiers dans laquelle il raconte comment il a fabriqué le lettrage similaire à celui de la GRC. Le témoin déclare avoir accompli ce travail sans en informer son employeur et en utilisant un ordinateur à l’arrière de l’atelier pour chercher des logos de la GRC.

Le propriétaire de l’entreprise de lettrage interrogé par les policiers a assuré qu’il aurait ordonné à M. Griffon de ne pas réaliser la commande et qu’«il ne devrait pas jouer avec des choses comme ça».

Peter Griffon, qui se trouvait en liberté conditionnelle, a vu sa libération suspendue en raison de l’aide qu’il a fournie à Gabriel Wortman.

Cet homme de 40 ans vivait chez ses parents à Portapique, où il accomplissait toutes sortes de tâches pour Gabriel Wortman.

Une copie de la décision rendue par la Commission des libérations conditionnelles du Canada, fournie à La Presse Canadienne, indique que M. Griffon a été condamné en 2017 pour possession de cocaïne en vue d’en faire le trafic. Il a été libéré sous conditions l’année suivante.

Les documents judiciaires contiennent aussi le témoignage d’un membre de l’Agence des services frontaliers du Canada ayant fourni une analyse des fréquents déplacements du tireur aux États-Unis au cours de la dernière décennie. Il aurait notamment importé des pièces de voiture.

Gabriel Wortman aurait franchi la frontière à Woodstock, au Nouveau-Brunswick, 15 fois au cours des deux dernières années seulement.

Laisser un commentaire
Les plus populaires