Le tueur en Nouvelle-Écosse collectionnait des articles liés à la police

HALIFAX — La réplique de la voiture de police conduite par le tireur en Nouvelle-Écosse il y a 10 jours avait été acquise l’automne dernier — et il s’agissait d’un des quatre anciens véhicules de police achetés aux enchères par le suspect, selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Le surintendant Darren Campbell a indiqué mardi en conférence de presse que Gabriel Wortman avait ensuite équipé le véhicule d’une barre lumineuse et de décalcomanies qui le rendaient presque identique à une véritable voiture de police de la GRC.

«Le tireur collectionnait beaucoup de choses, y compris des articles liés à la police (…) dont plusieurs pièces d’uniformes provenant de divers corps policiers», a déclaré M. Campbell. De nombreux témoins se sont d’ailleurs manifestés pour confirmer que le tueur, qui a fait 22 morts, s’intéressait beaucoup à la GRC, a précisé M. Campbell. Mais il a soutenu que la police fédérale ne connaissait pas l’existence de cette collection de voitures et d’uniformes de la police.

Le tireur portait une authentique chemise et un vrai pantalon à rayures jaunes de la GRC pendant la première partie de sa cavale meurtrière, a déclaré l’officier responsable des services de soutien de la GRC pour la Nouvelle-Écosse.

M. Campbell a également donné plus de détails sur ce qui s’était passé les 18 et 19 avril. On savait déjà que la tuerie avait commencé à Portapique et s’était poursuivie pendant 13 heures et sur 90 km dans le nord et le centre de la Nouvelle-Écosse.

Selon M. Campbell, les enquêteurs ont maintenant déterminé que le tireur avait quitté Portapique quelques minutes seulement après l’arrivée des premiers policiers sur place, en roulant dans un champ pour éviter la seule route. Le tueur a alors roulé jusqu’à Debert, où il est resté jusqu’au lendemain matin.

La police n’a pas encore spéculé sur un mobile, bien qu’elle ait confirmé que la tuerie avait commencé après que le suspect, âgé de 51 ans, a agressé sa conjointe chez eux à Portapique. La femme a pu prendre la fuite et elle s’est cachée dans les bois voisins, mais 13 autres personnes sont mortes dans le quartier qui longe le chemin Portapique Beach.

M. Campbell avait soutenu vendredi que l’agression de la femme avait pu être un «catalyseur» pour la série de meurtres qui a suivi. Mais il a tenu à souligner mardi qu’il ne fallait surtout pas croire que la femme «avait quoi que ce soit à voir» avec ce massacre.

«Le mot catalyseur a été utilisé pour exprimer qu’il s’agissait de la première victime d’une série d’événements horribles», a expliqué M. Campbell. «Je veux être très clair sur le fait que la violence contre les femmes est intolérable. C’est réel, elle existe. Je ne veux pas être mal compris, ou laisser croire que la victime était responsable de ce qui s’est passé.»