Paul Bernardo se voit refuser une deuxième demande de libération conditionnelle

TORONTO — Le violeur et meurtrier en série Paul Bernardo s’est vu refuser la libération conditionnelle, mardi, après que les parents de deux de ses victimes eurent témoigné de la douleur que leur causaient toujours ses crimes sordides.

Les agents de la Commission des libérations conditionnelles du Canada ont mis environ une heure à rejeter sa demande de libération, disant ne pas être convaincus de l’absence d’un risque important de récidive. «Votre compréhension et introspection demeurent limitées», a estimé Maureen Gauci, en délivrant la décision des agents à l’audience.

Cette décision est intervenue après que Bernardo a soutenu qu’il avait changé et que sa déviance sexuelle était maintenant sous contrôle.

Les proches de deux adolescentes violées, torturées et assassinées par Bernardo ont raconté mardi la vive douleur qu’elles ressentaient toujours, lors de cette deuxième audience de libération conditionnelle du tueur en série. Dans des «déclarations de victimes» devant les agents de la Commission, les parents de Kristen French et Leslie Mahaffy ont qualifié Bernardo de psychopathe incurable et sadique qui, malgré une trentaine d’années derrière les barreaux, constitue toujours une menace redoutable pour la sécurité publique et ne devrait jamais être libéré.

Bernardo, aujourd’hui âgé de 56 ans, purge une peine d’emprisonnement à perpétuité pour meurtres au premier degré, enlèvement et agressions sexuelles graves, entre autres crimes commis dans les années 1980 et au début des années 1990.  Il avait notamment enlevé, torturé et assassiné Kristen French, 15 ans, et Leslie Mahaffy, 14 ans, près de St. Catharines, en Ontario. Reconnu coupable en 1995, il a passé l’essentiel de sa trentaine d’années de détention en isolement.

L’homme désigné délinquant dangereux est admissible à la libération conditionnelle totale depuis plus de trois ans. En octobre 2018, la Commission des libérations conditionnelles n’avait pris que 30 minutes pour rejeter sa première demande.

Mardi, les parents de Kristen French soulignaient qu’un «nuage noir maléfique» persistant continuait de hanter leur famille. «Ceux qui prétendent que le temps adoucit les peines ne connaissent pas la douleur atroce d’une perte aussi horrible, ont plaidé Donna et Doug French. Le temps ne guérit pas la douleur: la douleur est une condamnation à perpétuité.»

De même, Debbie Mahaffy a évoqué la douleur de devoir faire face à une autre audience, moins de trois ans après la première. «Une fois de plus, les désirs de Bernardo nous sont infligés, alors qu’il s’insère à nouveau dans nos vies, nous imposant ses horreurs et ses souvenirs terrifiants», a déclaré Mme Mahaffy dans une déclaration lue par l’avocat Tim Danson. «Que signifie ‘repose en paix’ lorsqu’on doit revivre ces horreurs tous les deux ans environ pour le reste de nos vies?»

Les familles estiment d’ailleurs que Bernardo devrait avoir le droit de présenter une demande de libération conditionnelle seulement tous les cinq ans, au minimum. «Alors que l’encre vient à peine de sécher sur notre précédente déclaration de victimes, il semble que Doug et moi devons rassembler les forces nécessaires pour préparer une deuxième déclaration, affirmait Donna French. C’est un processus douloureux et difficile.»

Les deux familles ont soutenu que le délinquant dangereux désigné ne devrait jamais être libéré. Selon eux, Bernardo n’a pas changé et il commettra sûrement de nouveaux crimes contre de jeunes gens innocents s’il est un jour autorisé à sortir de prison. «Il n’y a pas de remède connu contre la psychopathie sadique», a déclaré Debbie Mahaffy.

Bernardo a aussi admis avoir violé 14 autres femmes. Il a également été reconnu coupable d’homicide involontaire coupable pour la mort, en décembre 1990, de la sœur cadette de sa conjointe Karla Homolka, Tammy. L’adolescente de 15 ans est morte après que le couple l’a droguée et agressée sexuellement. Homolka a plaidé coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire et a purgé sa peine de 12 ans de prison avant d’être libérée en 2005. Elle s’est ensuite remariée et est devenue mère.

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