Le v-p de l’Assemblée nationale a livré un discours partisan, accuse le PLQ

QUÉBEC — Le vice-président de l’Assemblée nationale a livré un discours partisan alors qu’il était sur le trône du Salon bleu.

C’est l’accusation qu’a lancée l’opposition libérale, vendredi, après des propos tenus par Marc Picard, le premier vice-président de la Chambre, la veille. 

Le leader parlementaire libéral, Sébastien Proulx, a interpellé le président, François Paradis, pour lui rappeler qu’aucune partisanerie ne peut être tolérée venant de qui que ce soit qui préside l’assemblée.

Il a cité les propos de M. Picard, qui jeudi, a pris de son temps de parole sur le trône pour remercier ses électeurs.

«Cette grande équipe de la Coalition avenir Québec, formée de députés d’expérience et de nombreuses nouvelles recrues, partage la vision d’un homme, notre premier ministre. J’ose prétendre que cette vision a été inspirée en grande partie par l’Action démocratique du Québec, qui a ouvert la voie à un troisième parti sur l’échiquier politique québécois. (…) En choisissant ce nouveau gouvernement le 1er octobre dernier, les Québécoises et Québécois ont voulu mettre fin à 50 ans de bipartisme et donner une chance à une troisième voix.»        

«M. le Président, ce sont des propos partisans», a tranché M. Proulx.

Marc Picard a été élu député de l’Action démocratique du Québec (ADQ) dans la circonscription de Chutes-de-la-Chaudière en 2003. Réélu à cinq reprises, il a cumulé les responsabilités de leader parlementaire, de troisième vice-président et de porte-parole en matière de famille, environnement, culture et immigration.

Mardi, il a été nommé premier vice-président de l’Assemblée nationale. Sa collègue Chantal Soucy a été nommée deuxième vice-présidente et la libérale Maryse Gaudreault, troisième vice-présidente. 

Le geste qui a été posé par le député de Chutes-de-la-Chaudière est un geste de bonne foi, a répliqué le leader parlementaire du gouvernement, Simon Jolin-Barrette, cédant la parole à M. Picard pour qu’il s’explique.

«Pour assurer l’intégrité et l’impartialité reliées à mes fonctions de vice-président, je me vois dans l’obligation de préciser qu’il n’y avait aucune intention de partisanerie dans ce discours, mais plutôt une volonté de relater des faits qui ont mené à la présence d’un troisième parti au pouvoir», a-t-il déclaré.

M. Picard en a profité pour informer l’Assemblée nationale qu’il n’assistera plus aux réunions du caucus caquiste, «et ce, dans un souci d’une entière impartialité lorsque je vais présider».

Les libéraux ont également formulé à M. Paradis une demande de directive, que le président s’est engagé à rendre dans les plus brefs délais.