Le vétéran journaliste radio Peter Ray s’est éteint à l’âge de 71 ans

TORONTO — Peter Rakobowchuk, vétéran journaliste radio à La Presse Canadienne, est décédé dimanche du cancer; il avait 71 ans.

Mieux connu sous son nom de micro «Peter Ray» — un superviseur lui avait dit très tôt dans sa carrière que «ça sonnait plus doux» que Rakobowchuk —, il avait subi une chimiothérapie pour un cancer du foie.

Sa voix de stentor, gutturale mais chantante, a retenti pendant plus de trente ans dans les radios au Canada anglais. «Il avait une voix si distinctive qu’aucune « signature radio » n’était vraiment nécessaire», a déclaré Rose Kingdon, directrice de la radiodiffusion à l’agence de presse nationale.

Né à Verdun, sur l’île de Montréal, Peter Rakobowchuk avait débuté sa carrière comme animateur d’émissions musicales dans des stations de radio privées — il se faisait appeler à une certaine époque «Rockin’ Peter Ray». En février 1979, il se joint à Broadcast News, filiale radio de La Presse Canadienne, à Toronto. Muté au bureau d’Ottawa 18 mois plus tard, il y a passé quatre ans avant de revenir à Montréal, où il est resté plus d’une trentaine d’années — avec un passage de six ans à l’Assemblée nationale.

Journaliste intrépide, Peter Rakobowchuk aura témoigné d’un large éventail de sujets avec le même enthousiasme débridé. Au fil d’une riche carrière, il a couvert la signature de la Constitution par la reine Élizabeth II, la crise d’Oka, les référendums, de nombreuses élections, des manifestations — parfois en se précipitant sur les lieux à bord de sa «War Wagon», une Chevy Malibu 1978, sa première voiture à vie.

Il adorait ce métier, surtout lorsque la nouvelle éclatait, racontait mercredi sa femme, Pat Enborg. Même la pression des constantes heures de tombée n’a jamais entamé sa passion pour le métier au fil des années. «Dire qu’il était enthousiaste est un euphémisme», témoigne Nelson Wyatt, collègue et ami de longue date à Montréal.

Témoin de scènes de pillage lors d’une manifestation, Peter sort illico sa caméra vidéo. Lorsqu’un policier lui crie «Bouge!» en lui appliquant lourdement sa matraque dans le dos, il répond simplement: «Juste une minute!»

La question qui tue

Toujours poli avec les personnalités interviewées, Peter Rakobowchuk était aussi impayable pour poser la question que d’autres hésitaient à poser. Des collègues francophones levaient les yeux au ciel — mais reprenaient souvent cet angle ensuite dans leur reportage…

En plus de la radio, Peter Rakobowchuk s’était mis à l’écrit après avoir pris un congé de maladie en 2015, à la suite d’un diagnostic de cancer de la gorge. Il avait également développé depuis des années un vif intérêt et une expertise pour tout ce qui touche l’exploration spatiale. «Jamais son enthousiasme n’a été plus prononcé que lorsqu’il écrivait là-dessus», rappelle Donald McKenzie, qui a été chef du bureau de Montréal de l’agence de presse nationale.

Outre sa femme Pat Enborg, Peter Rakobowchuk laisse dans le deuil son fils Alex et sa fille Lisa, ainsi que Giselle, issue d’un précédent mariage. En raison des restrictions sanitaires liées à la COVID-19, la famille tiendra une cérémonie privée le 12 août à la maison funéraire Collins Clarke MacGillivray White, à Pointe-Claire.

Dans son dernier message sur Facebook, il y a moins d’une semaine, Peter exhortait les gens à se faire tester pour le coronavirus, après avoir lui-même reçu son résultat, négatif.

«Un grand soulagement», écrivait-il. «S’inquiéter de savoir si on est atteint ou pas n’est pas bon pour le moral.»

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