Le chancelier autrichien Kurz déclenche des élections anticipées

VIENNE — Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a déclenché samedi des élections législatives anticipées après la démission de son vice-chancelier.

Heinz-Christian Strache, qui est aussi le chef du Parti autrichien de la liberté (FPÖ) d’extrême-droite, a remis sa démission après la publication par deux journaux allemands d’une vidéo le montrant en train d’offrir de lucratifs contrats gouvernementaux à une soi-disante nièce d’un oligarque russe contre une contribution financière au parti.

M. Kurz a expliqué qu’il n’avait pu s’entendre avec la direction du FPÖ pour maintenir en activité la coalition gouvernementale menée par le Parti conservateur (ÖVP).

Il a refusé de tenter de former une nouvelle coalition avec les sociaux-démocrates, car cela ne lui aurait pas permis de maintenir ses politiques fiscales actuelles visant à réduire à limiter la dette publique et les taxes.

Plus tôt, M. Strache avait annoncé son départ du gouvernement.

En conférence, il a dit avoir été victime d’un coup monté et d’un «assassinat politique», mais il a reconnu que son comportement dans la vidéo était «stupide, irresponsable». Il a aussi admis avoir commis une erreur.

Il a ajouté qu’il était de plus en plus ivre au fur et à mesure que la soirée s’avançait. «[J’ai] agi comme un adolescent [qui] cherchait à impressionner une jolie invitée».

M. Strache souhaitait que la coalition du FPÖ et du ÖVP continue de diriger le pays.

Ce scandale survient à quelques jours des élections européennes.

Le quotidien Sueddeutsche Zeitung et l’hebdomadaire Der Spiegel ont diffusé des extraits d’une vidéo où on voit M. Strache en train d’offrir des contrats gouvernementaux à une Russe qui dit vouloir réaliser d’importants investissements en Autriche.

Dans la vidéo, dont on ignore la source, M. Strache et un de ses proches politiques, Johann Gudenus, expliquent à la femme qu’elle peut obtenir de lucratifs contrats si elle achète un journal autrichien et appuie la formation d’extrême-droite.

Les deux médiats ont affirmé que les images ont été authentifiées par un expert. Cela n’a pu être vérifié de façon indépendante par l’Associated Press.