Le vice-président Mike Pence a reçu le vaccin contre la COVID-19

WASHINGTON — Le vice-président Mike Pence est devenu le plus haut responsable américain à recevoir vendredi la première dose du vaccin contre la COVID-19 lors d’un événement télévisé en direct visant à rassurer les Américains sur la sûreté de l’injection. 

M. Pence a parlé de cette étape comme d’un «miracle médical», qui pourrait éventuellement contenir la pandémie qui fait rage.  

Il y avait une absence remarquée dans cette célébration: le président Donald Trump, qui reste loin des caméras cinq jours après le début de la plus grande campagne de vaccination de l’histoire.  

M. Pence, quant à lui, a joué un rôle de plus en plus visible pour souligner la sécurité et l’efficacité du vaccin, notamment en visitant une installation de production de vaccins cette semaine. 

La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a également reçu vendredi un vaccin contre la COVID-19, et le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, a déclaré qu’il se ferait vacciner dans les prochains jours. Le président élu Joe Biden et sa femme recevront le vaccin lundi, tandis que la vice-présidente élue Kamala Harris et son mari se feront vacciner la semaine suivante.

 «Je n’ai rien senti. Bravo», a dit M. Pence aux techniciens du centre médical militaire national Walter Reed, qui a administré son vaccin de Pfizer-BioNTech tôt vendredi matin. 

M. Pence n’a pas bronché pendant la piqûre rapide, ni sa femme, Karen, ou le chirurgien général Jerome Adams, qui a également reçu l’injection lors de l’événement télévisé qui se déroulait dans le bâtiment du bureau exécutif Eisenhower, à la Maison-Blanche.

«L’espoir est en route, a déclaré M. Pence un peu plus tard. Le peuple américain peut être optimiste: nous avons un et peut-être d’ici quelques heures deux vaccins sûrs», a-t-il ajouté, se référant à l’autorisation prévue du vaccin de Moderna.  

Il n’a pas répondu lorsqu’il s’est fait demander pourquoi le président ne participait pas à un événement similaire.  

M. Adams, qui est Noir, a souligné «l’importance de la représentation» dans la sensibilisation des communautés à risque et a encouragé les Américains à éviter la désinformation autour des vaccins.  

Cinq jours après le début de la plus grande campagne de vaccination de l’histoire du pays, le président Trump a été largement absent de l’effort visant à convaincre les Américains de se faire vacciner. Il n’a organisé aucun événement public pour souligner le déploiement des doses. Il n’a pas été vacciné lui-même. Et il n’en a pas beaucoup parlé sur son fil Twitter.  

Le silence relatif de M. Trump survient alors qu’il continue de remettre en doute sa défaite aux élections du 3 novembre et appuie des initiatives de plus en plus extrêmes pour renverser la volonté du peuple. Il a refusé de devenir le visage public de la campagne de vaccination, évitant les visites dans les laboratoires et les installations de production pour remercier les travailleurs, et les événements visant à convaincre le public de se faire vacciner, selon des personnes familières avec les conversations. 

Cette approche a été surprenante, en particulier pour un président qui oublie rarement de s’attribuer le mérite, estime Lawrence Gostin, professeur à l’école de droit de Georgetown qui se concentre sur la santé publique.  

«Le profil relativement bas du président sur la réponse liée à la COVID depuis les élections est curieux et contraire aux propres intérêts de M. Trump», a-t-il souligné.  

M. Gostin, qui a critiqué la gestion de la pandémie par l’administration Trump, a déclaré que le président était digne de mérite pour l’opération Warp Speed et avait parié sur deux vaccins utilisant une technologie révolutionnaire d’ARNm.  

«Ayant fait preuve de leadership dans le développement des vaccins», il devrait être très fier de démontrer publiquement sa confiance dans les vaccins contre la COVID, a-t-il déclaré.

M. Trump est apparu à un «sommet» de la Maison-Blanche avant l’approbation du vaccin de Pfizer par la Food and Drug Administration la semaine dernière. Cet événement comprenait une vidéo d’introduction mettant en évidence les commentaires passés de ceux — dont Anthony Fauci, expert en maladies infectieuses du gouvernement — qui avaient douté qu’un vaccin fût prêt cette année.

M. Trump «continuera à mettre à jour le pays par divers moyens tout en donnant aux professionnels de la santé et au personnel assidu de (Operation Warp Speed) l’espace nécessaire pour faire leur travail et sauver des vies», a déclaré Brian Morgenstern, attaché de presse adjoint de la Maison Blanche.  

Mais de nombreux collaborateurs de Donald Trump sont déconcertés par son profil bas maintenant que le vaccin commence à être injecté. 

Ils y voient une occasion manquée pour le président — qui quitte ses fonctions à midi, le 20 janvier — de revendiquer le mérite d’avoir aidé à superviser le développement et le déploiement rapides du vaccin, qui pourrait enfin contenir le virus qui a tué plus de 310 000 Américains. 

M. Trump lui-même a tenté de minimiser le crédit qui pourrait profiter à son successeur, Joe Biden. Le président désigné démocrate présidera la majeure partie de la campagne de vaccination à l’échelle nationale l’année prochaine.  

«Ne laissez pas Joe Biden s’attribuer le mérite des vaccins, a déclaré M. Trump aux journalistes. Ne le laissez pas s’attribuer le mérite des vaccins parce que les vaccins, c’est moi, et j’ai poussé les gens plus fort qu’ils n’ont jamais été poussés auparavant.»  

Malgré les affirmations de M. Trump, ce sont les scientifiques de la FDA qui ont eu l’idée de l’opération Warp Speed, l’initiative soutenue par la Maison-Blanche, grâce à laquelle des millions de doses de vaccins et de traitements contre le coronavirus sont fabriqués alors même qu’ils sont toujours en cours d’évaluation.  

Et une grande partie du travail de base pour les vaccins a commencé au cours de la dernière décennie, dont par exemple les recherches sur l’ARN messager, ou ARNm, utilisé dans les vaccins développés à la fois par Pfizer et Moderna. Pfizer a développé son vaccin en dehors de l’opération Warp Speed, mais travaille en partenariat avec le gouvernement fédéral sur la fabrication et la distribution.

– Par Zeke Miller et Jill Colvin, The Associated Press

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