Le virus aurait rapproché les Canadiens mais divisé davantage les Américains

WASHINGTON — Les Canadiens estiment que la crise de la COVID-19 les a rapprochés, alors que les Américains pensent que cette pandémie a accentué les clivages culturels et politiques dans leur pays, si l’on en croit un récent sondage.

Les deux tiers des Canadiens interrogés pour l’étude du Pew Research Center croient que le Canada est plus uni depuis le début de la pandémie; 77 % des répondants américains estiment exactement le contraire. Le centre de recherche croit qu’aux États-Unis, la multitude des consignes sanitaires a illustré le profond désaccord sur la meilleure voie à adopter vers une reprise économique sécuritaire, ce qui pourrait expliquer ce sentiment de divisions exacerbées dans la société américaine.

Un écart similaire est apparu lorsque les répondants ont été interrogés sur la manière dont leur pays respectif avait répondu à la crise sanitaire. Au Canada, 88 % des répondants approuvent la réponse des gouvernements, contre seulement 47 % aux États-Unis. «Dans tous les pays étudiés, ceux qui pensent que leur pays a fait du mauvais travail face à l’épidémie de coronavirus sont plus susceptibles de dire que leur pays est désormais plus divisé», soutient le centre de recherche américain.

La partie canadienne du sondage impliquait 1037 répondants interrogés par téléphone du 15 juin au 27 juillet; la section américaine comptait 1003 participants sondés du 16 juin au 14 juillet. Les deux volets du sondage comportent une marge d’erreur de 3,7 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

L’enquête, qui a impliqué des participants de 14 pays, dont le Royaume-Uni, la France, l’Italie, l’Australie, le Japon et la Corée du Sud, a également révélé qu’une majorité de répondants pensaient que la propagation mondiale du virus aurait pu être atténuée par une coopération internationale plus importante. Ce sentiment était particulièrement fort en Europe, continent durement touché par le virus dès le début de la pandémie, en particulier en Italie et en Espagne, mais aussi en France.

Aux États-Unis, où le président Donald Trump a rapidement adopté une approche autonome face aux initiatives internationales, 58 % des répondants ont déclaré que le nombre de cas aurait pu être réduit si Washington avait travaillé plus étroitement avec d’autres pays.

Par ailleurs, les femmes qui ont participé au sondage ont signalé un impact disproportionné de la pandémie sur leur vie dans 12 des 14 pays représentés. Au Canada, 69 % des répondantes ont déclaré que leur vie avait changé «beaucoup» ou «assez», comparativement à 57 % des hommes.

«Les femmes dans le monde entier font généralement plus de travail non rémunéré à la maison que les hommes, comme la garde d’enfants et les travaux ménagers, et cela peut être amplifié par la fermeture des écoles et des garderies», a souligné le centre de recherche Pew. L’Organisation de coopération et de développement économiques a également rappelé que plus de femmes que d’hommes dans le monde sont employées à temps partiel, «ce qui est plus susceptible d’avoir été interrompu par la pandémie».

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