PLQ: Marc Tanguay devient chef par intérim et pourrait songer à être candidat

QUÉBEC — Le député de LaFontaine, Marc Tanguay, est devenu jeudi le nouveau chef par intérim du Parti libéral du Québec (PLQ), une nomination qui marque le coup d’envoi de la future course au leadership visant à trouver le successeur de Dominique Anglade, qui a quitté ses fonctions lundi dernier, confrontée à un désaveu d’un nombre sans cesse croissant d’anciens élus libéraux. Par la même occasion, M. Tanguay devient chef de l’opposition officielle.

Déjà, trois jours seulement après la démission de Mme Anglade, trois députés, dont M. Tanguay lui-même, ont montré de l’intérêt pour le poste de chef. Les deux autres sont le député de Pontiac, André Fortin, et le député de Nelligan, Monsef Derraji, qui sont loin de fermer la porte à une éventuelle candidature au leadership du PLQ.

La course au leadership, dont les règles n’ont pas encore été fixées par le conseil exécutif du parti, devrait avoir lieu officiellement en 2023 ou 2024. 

Jeudi, en point de presse, au terme du caucus au cours duquel il a été choisi pour assurer l’intérim, M. Tanguay n’a pas voulu dire s’il souhaitait ou non être sur les rangs. Mais il n’a pas fermé la porte et les règles du parti ne l’en empêchent pas. S’il est tenté, il devra cependant quitter ses fonctions avant le début de la course.

«Les options sont ouvertes», a-t-il dit, ajoutant que sa «réflexion n’est pas faite» sur une possible candidature à la succession de Dominique Anglade. Mais il s’engage à ne pas se servir de sa fonction de chef par intérim comme d’un tremplin pour mousser son éventuelle candidature. 

Questionné à savoir s’il allait confirmer toutes les nominations faites par Mme Anglade au cours des dernières semaines (choix des officiers parlementaires, des porte-parole dans les différents dossiers et du troisième vice-président de l’Assemblée nationale, un poste qui revient à l’opposition officielle), M. Tanguay est demeuré évasif, en affirmant qu’il ne fallait pas s’attendre à de grands «bouleversements», sans exclure des «ajustements». Chose certaine, il devra nommer un leader parlementaire, poste qui lui avait été confié par Mme Anglade.

Une de ses premières missions dans ses nouvelles fonctions de chef intérimaire, a-t-il dit, sera de «prendre un café» avec la députée de Vaudreuil, Marie-Claude Nichols, expulsée du caucus à la fin octobre. Il veut voir s’il existe un moyen de la convaincre de revenir dans l’équipe d’élus libéraux.

Mme Nichols souhaitait avoir le poste de troisième vice-président de l’Assemblée nationale, qui a plutôt été offert par Mme Anglade au député de Viau, Frantz Benjamin. Dans ces circonstances, Mme Nichols avait refusé toute autre fonction au sein du caucus, ayant été aussitôt expulsée par la cheffe et le président du caucus, Enrico Ciccone, sous prétexte qu’elle n’était pas «une joueuse d’équipe». Devant le tollé qui avait suivi, Mme Anglade l’avait invitée dans les jours suivants à réintégrer le caucus, mais sans succès. Le mal était fait.

Jeudi, Mme Nichols n’a pas donné suite à des appels téléphoniques visant à savoir si elle allait demeurer indépendante ou accepter de s’asseoir avec le nouveau chef pour envisager un retour possible.

Jusqu’à nouvel ordre, M. Ciccone a été confirmé dans ses fonctions de président du caucus, M. Tanguay lui ayant renouvelé sa pleine et entière confiance jeudi.

M. Tanguay a refusé de dire s’il allait songer à demander à M. Benjamin de renoncer au poste de troisième vice-président pour l’offrir à Mme Nichols, afin d’augmenter ses chances de la voir réintégrer le caucus. Il a dit ne pas vouloir commenter le dossier «sur la place publique». Il n’a pas été possible d’obtenir les commentaires de M. Benjamin jeudi.

Plus tôt jeudi matin, avant la tenue du caucus, deux députés, André Fortin et Monsef Derraji, se positionnaient déjà pour la future course au leadership, lors de mêlées de presse au parlement.  

«Je ne suis pas venu ici ce matin pour fermer la porte», a dit M. Fortin, qui avait été pressenti lors de la dernière course destinée à trouver un successeur à Philippe Couillard, en 2019-2020, mais qui s’était désisté pour des raisons familiales. Élu de l’Outaouais, père de jeunes enfants, il est le seul député libéral réélu le 3 octobre en dehors de la grande région de Montréal.

Il a dit avoir la tête pleine d’idées pour son parti et vouloir partir prochainement à la rencontre des gens en régions, partout au Québec. «Moi, j’en ai des idées et je veux en parler aux militants», a ajouté M. Fortin, qui a déjà été ministre des Transports.

«Il faut sortir du cadre traditionnel du Parti libéral. Il faut aller là où on ne nous attend pas», a-t-il commenté, affirmant qu’il ne voulait pas du poste de chef par intérim, parce que c’était incompatible selon lui avec le travail de terrain.

M. Fortin a dit recevoir déjà des appuis à son éventuelle candidature, de gens qui l’appellent pour l’inciter à se lancer. «Oui, il y a des gens qui souhaitent ça», a-t-il convenu.

Le député de Nelligan a tenu essentiellement le même discours. «Je ne ferme pas la porte», a dit Monsef Derraji en mêlée de presse, affirmant avoir hâte de connaître les règles fixées aux futurs candidats par le parti, pour être en mesure de prendre sa décision. 

Lui aussi affirme recevoir déjà des appuis à son éventuelle candidature. «Il y a beaucoup de gens qui m’encouragent à aller de l’avant», a-t-il ajouté, disant souhaiter pour le parti un grand «brassage d’idées» dans les mois qui viennent. 

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