Leadership du PLQ: Dominique Anglade donne la priorité à la crise climatique

QUÉBEC — Si elle devient chef du Parti libéral du Québec (PLQ), puis première ministre du Québec en 2022, Dominique Anglade fera de la lutte à la crise climatique un enjeu qui relèvera d’elle personnellement.

Elle voudra ainsi envoyer un message fort, selon lequel la lutte aux changements climatiques doit être prise au sérieux, une priorité gérée au plus haut niveau de l’État.

En conférence de presse, mercredi, Mme Anglade a précisé les engagements électoraux en matière environnementale qu’elle avait déjà rendus publics en septembre.

Même si neuf mois se sont écoulés depuis qu’elle a décidé de se lancer dans la course au leadership du PLQ, bien peu d’éléments de sa plateforme électorale sont connus à ce jour, sauf ceux portant sur l’environnement et la défense des régions.

Mais les choses devraient s’accélérer, car elle prévoit avoir fait connaître l’essentiel de sa plateforme avant la tenue des débats entre les deux candidats en lice. Le parti a inscrit un total de cinq débats entre les candidats. Le premier sera organisé par l’aile jeunesse du parti à la fin mars.

Ainsi, autre signal fort qu’elle souhaiterait transmettre: sa position sur les changements climatiques serait définie dans la toute première loi adoptée par un gouvernement Anglade.

La candidate à la succession de Philippe Couillard a rappelé son objectif de voir le Québec atteindre la carboneutralité en 2050, un engagement qu’elle hisse au niveau d’un véritable «projet de société», tout en étant un levier de développement économique.

Quant aux cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES), son gouvernement se collerait à celles définies par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Ainsi, le Québec viserait à compenser les émissions de GES dans l’atmosphère par des mesures permettant d’atteindre au final l’objectif de carboneutralité.

Pour devenir réalité, elle se dit consciente que sa politique environnementale devra s’accompagner de changements importants de comportements de la part des citoyens, notamment en matière de transport, principal secteur de production de GES. 

Par exemple, l’achat de véhicules hybrides serait encouragé par son gouvernement grâce à des incitatifs fiscaux.

Par ailleurs, pour faire suite à la demande de l’aile jeunesse du parti, et peut-être s’attirer ainsi le vote des jeunes militants, la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne est d’accord pour faire de l’environnement la neuvième valeur officielle du PLQ.

Dans le même ordre d’idées, l’ex-ministre du Développement économique confirme aussi son intention de créer un Institut du climat, soit un organisme conseil du gouvernement sur les meilleures pratiques à promouvoir. Sorte de chien de garde du gouvernement, cet institut, un organisme indépendant, verrait aussi à évaluer la performance environnementale du gouvernement et vérifier l’atteinte des cibles fixées.

Le prochain chef du PLQ sera élu le 31 mai prochain, à Québec.

Il n’y a qu’un seul autre candidat sur les rangs, l’ex-maire de Drummondville Alexandre Cusson, qui lui non plus n’a pas multiplié les annonces d’engagements électoraux depuis qu’il est candidat.

Mme Anglade attend maintenant de voir quelle sera la position de son adversaire pour combattre la crise climatique.

«Je contribue à la discussion, je contribue aux échanges. J’attends de mon adversaire qu’il réagisse à ça, qu’il me dise ce qu’il en pense, qu’il me dise ce qu’il propose pour qu’on puisse échanger», a-t-elle commenté.

Invitée en conférence de presse à commenter le style de campagne menée par M. Cusson jusqu’à maintenant, Mme Anglade est demeurée très prudente.

«Il a sa campagne à gérer. J’ai la mienne», s’est-elle contentée de dire.

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