L’écrasement en Iran a porté un dur coup à la communauté scientifique au Canada

L’écrasement d’un avion ukrainien en Iran cette semaine a porté un dur coup à la communauté universitaire et scientifique au Canada.

Des professeurs de plusieurs universités rendent hommage depuis mercredi à tous ces jeunes scientifiques prometteurs qui rentraient au Canada sur le vol 752 d’Ukraine International Airlines. Drapeaux en berne, une quinzaine d’universités canadiennes ont confirmé avoir perdu des étudiants, des professeurs ou des chercheurs dans l’écrasement près de Téhéran, qui a tué 176 personnes — dont beaucoup d’étudiants diplômés.

«C’est une perte énorme pour la science», résume Lisa Porter, professeure de sciences biomédicales à l’Université de Windsor. La perte est aussi personnelle pour Mme Porter: son assistante de recherche Samira Bashiri fait partie des victimes. Le mari de Mme Bashiri, qui a également péri dans l’écrasement, était aussi venu à Windsor pour poursuivre des études de doctorat en génie.

Mme Porter raconte que Samira Bashiri était entrée dans son laboratoire grâce à son intelligence et sa détermination. Vétérinaire de formation, elle voulait poursuivre ses recherches, mais elle n’avait pas les antécédents requis. «Prenez-moi comme bénévole et je vais faire mes preuves», a-t-elle proposé à la professeure Porter. Mme Bashiri a finalement travaillé jour et nuit pour s’occuper des animaux de laboratoire, et la professeure Porter l’a rapidement embauchée comme assistante de recherche. Ils étaient en train de demander des bourses pour qu’elle commence ses études de doctorat à l’automne.

Pour Towhid Islam, professeur de marketing à l’Université de Guelph, le chagrin est aggravé par des sentiments de culpabilité. C’est lui qui avait poussé pour faire venir au Canada l’une des victimes — Milad Ghasemi Ariani, 32 ans, doctorant.

Sur le même campus de Guelph, Ghanimat Azhdari a séduit tous ceux qu’elle a rencontrés. Cette autochtone de la tribu nomade Qashqai en Iran avait déjà effectué un travail exceptionnel avant de déménager au Canada en septembre pour poursuivre un doctorat sous la direction du professeur d’écologie Faisal Moola. Elle faisait des miracles dans la cueillette d’informations orales auprès des communautés tribales, «pour découvrir où se trouvaient les fleurs sacrées, les plantes médicinales, la forêt menacée», explique le professeur Moola.

Mme Azhdari était retournée en Iran pour rendre visite à son fiancé et à sa famille, avant de rentrer pour entreprendre avec son professeur des travaux sur le terrain à Terre-Neuve.

À l’Université Western, de London, en Ontario, une autre doctorante, Hadis Hayatdavoudi, avait travaillé sur les moyens de stocker les déchets nucléaires en toute sécurité.