L’édifice Saint-Sulpice deviendra la Maison de la chanson et de la musique du Québec

MONTRÉAL — La Maison de culture et de la musique du Québec verra bel et bien le jour, ce qui permettra du même coup d’assurer la sauvegarde de l’édifice patrimonial de l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice.

L’annonce en a été faite jeudi par le premier ministre François Legault en compagnie de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, et des responsables du projet, ainsi que certains monuments de la chanson québécoise, en l’occurrence Gilles Vigneault, Louise Forestier et Claude Dubois. 

François Legault a évoqué à plusieurs reprises ce qui est devenu son thème de prédilection, soit la fierté. «Je sais qu’il y en a qui disent: il est tannant de toujours parler de ça. (…) La fierté d’un peuple, ça passe beaucoup par sa culture. La culture, c’est ce qu’on est, c’est ce qui nous distingue des autres nations du monde. La culture québécoise, c’est ça qui fait du Québec un lieu unique sur la planète.»

Plus encore, a-t-il dit, «la musique québécoise chante notre histoire, notre territoire. La musique nous rend fiers de ce qu’on est».

«Un espace inclusif»

L’animatrice et présidente de l’organisme Écho sonore, Monique Giroux, était fort émue de voir enfin la réalisation de ce projet qu’elle porte depuis 20 ans et dont elle entend faire une porte sur la culture pour tous.

«On veut par ce biais intéresser la jeunesse et partager la richesse de notre culture musicale partout sur le territoire, a-t-elle dit. On va travailler ensemble à la création d’un espace inclusif qui va apprendre aux enfants du Québec et aussi aux nouveaux arrivants à découvrir, à mieux connaître notre culture, notre langue, à les aimer, à les fréquenter à travers la chanson et la musique.» 

Et elle peinait à croire qu’on lui ouvrait grandes les portes de l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice. «Vous avez cru dans ce projet jusqu’à offrir une si prestigieuse adresse à la chanson et à la musique», s’est-elle exclamée.

La ministre Roy a d’ailleurs reconnu que le gouvernement a une responsabilité par rapport aux bâtiments patrimoniaux, particulièrement celui-ci, situé «dans un endroit mythique de la métropole, dans le Quartier latin».

Les trésors de la BAnQ

Le magnifique édifice de style Beaux-Arts, inoccupé depuis 2005, accueillera ainsi les trésors liés à la musique du Québec qui sont entre les mains de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), a expliqué sa présidente et directrice générale, Marie Grégoire.

«On va pouvoir décupler ce rêve en mettant nos fonds d’archives, les enregistrements sonores, les imprimés, parce qu’on a vraiment une collection qui est tellement profonde, que ce soit des affiches, des programmes de spectacles», a-t-elle dit. 

Mais au-delà d’être un répositoire du patrimoine musical, l’endroit deviendra aussi un lieu vivant de rencontre et de création pour les artisans de la musique. On y prévoit en effet l’aménagement de studios, d’ateliers, de locaux pour accueillir des artistes en résidence et le réaménagement de sa salle de concert déjà existante.

Marie Grégoire a également annoncé qu’on y installera une trame musicale créée à partir des souhaits de la population. «On va demander aux Québécois de sélectionner les 50 chansons qu’ils considèrent comme étant les chansons qui font la trame sonore du Québec. De là on va tirer 50 capsules vidéo qui vont être rendues disponibles sur le web et qui vont permettre aux Québécois de vivre l’élaboration de la maison.»

Il s’agit d’un projet de 50 millions $ qui sera financé par Québec et par la Ville de Montréal, mais aussi en grande partie par la vente à Hydro-Québec d’un terrain appartenant à la BAnQ. L’argent servira à rénover, restaurer et aménager le bâtiment et la Maison sera ensuite dotée d’un budget annuel d’exploitation de 7 millions $.

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