L’effervescence autour de l’avenir de Jason Kenney témoigne de son influence

OTTAWA – L’effervescence à Ottawa suscitée par les rumeurs sur l’avenir du député Jason Kenney témoigne de son influence en politique canadienne.

Le conservateur envisage deux options: se présenter dans la course à la direction du Parti conservateur, ou quitter Ottawa pour unir les partis de droite dans sa province natale de l’Alberta.

Plus M. Kenney discute de son avenir, plus les autres en parlent parmi eux. La rumeur voulant qu’il penche pour une candidature provinciale a fait beaucoup jaser en Alberta, mais aussi à Ottawa — bien que M. Kenney n’ait pas confirmé lui-même la nouvelle.

Selon certaines sources, le député serait sur le point de prendre une décision et il l’annoncera à la fin de l’été si ce n’est pas plus tôt.

Mais cela ne suffira pas pour faire taire les rumeurs, selon des conservateurs de longue date.

Le stratège conservateur Rick Anderson croit que M. Kenney est un candidat «unique» qui changerait la donne tant sur le plan national que provincial.

Plusieurs conservateurs estiment que, mis à part l’ex-premier ministre Stephen Harper, personne n’a autant travaillé à construire le Parti conservateur que M. Kenney. Cela l’a aidé à gagner en popularité, ce qui se voit partout où il va.

Au dernier congrès conservateur, sa suite de réception était pleine à craquer de gens qui voulaient le voir, allant de l’ancien chef de cabinet de Stephen Harper à de jeunes bénévoles du parti.

Une poignée de ses anciens employés — Jason Kenney est député depuis près de 20 ans et il a été à la tête de plusieurs ministères — s’étaient rassemblés autour de lui pour une photo de groupe, mais il y avait beaucoup trop de monde pour le cadre.

Sa popularité a servi plusieurs fois lors de la dernière campagne électorale; il est allé prêter main-forte à plusieurs candidats partout au pays et il a même pu partager ses réserves d’argent avec ses collègues qui se présentaient ailleurs au pays.

S’il décide finalement de se porter candidat à la course à la direction du Parti conservateur, sa décision aura un effet domino, a-t-on prédit.

«Des gens comme moi observent très attentivement ce que fait Jason, parce que ça affecte mes plans sur qui je veux appuyer dans la course fédérale», a souligné l’organisateur conservateur Ken Bossenkool.

Le nom de Jason Kenney figure parmi les potentiels successeurs de Stephen Harper depuis longtemps, mais l’idée qu’il se redirige vers la politique provinciale a commencé à circuler après l’élection en Alberta, qui avait été remportée par le Nouveau Parti démocratique.

L’influence de Jason Kenney ne se limite pas au Canada. Les républicains aux États-Unis et les conservateurs au Royaume-Uni ont également sollicité ses conseils pour attirer plus d’électeurs dans leurs partis respectifs.

«Il a prouvé qu’il est l’un des plus importants penseurs et dirigeants conservateurs pas seulement au Canada, mais dans le monde occidental», a soutenu Jamie Ellerton, un ancien employé de M. Kenney.