Geneviève Guilbault présente ses excuses, mais Legault la disculpe

QUÉBEC — Le premier ministre François Legault disculpe sa ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre, Geneviève Guilbault, même si elle a dû présenter des excuses à des ex-employés de son cabinet mercredi pour certains propos très durs.

Toutefois, selon M. Legault, elle était «pas mal du côté de la vérité».

Lundi, Mme Guilbault s’était vantée d’avoir congédié des membres de son personnel politique pour incompétence, ce qui a suscité un tollé notamment dans l’opposition.

Geneviève Guilbault s’est trouvée à briser une règle non écrite selon laquelle on ne doit pas dénigrer son personnel publiquement, selon le Parti libéral (PLQ), qui exige qu’on lui retire des responsabilités.

En mêlée de presse mercredi matin avant de se rendre à la séance du conseil des ministres, Mme Guilbault, a admis: «J’aurais dû employer d’autres termes et je m’excuse si cela a pu offenser des gens.»

En mêlée de presse en après-midi, M. Legault a affirmé qu’il était normal qu’il y ait du roulement de personnel dans les cabinets. Selon lui, les ex-employés en question n’auraient pas rapporté «la réalité» quand ils avaient affirmé aux médias qu’ils avaient quitté leur emploi de leur propre chef.

«Mme Guilbault a voulu apporter des précisions, elle est peut-être allée un petit peu fort, mais je pense que c’était pas mal du côté de la vérité», a-t-il déclaré.

Une des employées qui s’estimait lésée par les affirmations de la ministre, Jacqueline Aubé, a accepté les excuses de la ministre. «Cela prend du courage pour admettre ses torts et s’excuser, je l’en remercie, a-t-elle écrit. Quant à moi, le dossier est clos.»

L’opposition officielle réclame que Mme Guilbault paie pour cette faute. Selon le chef intérimaire du Parti libéral, Pierre Arcand, le premier ministre Legault doit retirer le portefeuille de la Sécurité publique à Geneviève Guilbault.

Il estime qu’elle est en pleine crise parce qu’elle en a trop sur les épaules, avec son rôle de vice-première ministre, de ministre de la Sécurité publique et ministre responsable de la Capitale nationale.

«Clairement, la ministre ne semble pas être capable de faire le travail», a-t-il lancé en impromptu de presse à Bromont, où se tient le caucus présessionnel du PLQ.

«Ben voyons donc! a lancé M. Legault en écartant la demande de l’opposition libérale. Les libéraux, ça leur en prend beaucoup pour tasser des personnes, il y a beaucoup de petits amis libéraux, beaucoup de corruption, nous, ce n’est pas comme ça qu’on marche.»

«Je pense que Mme Guilbault va certainement apprendre de tout ce qui est sorti cette semaine, a déclaré la députée libérale Dominique Anglade. Quand on entend plus parler de ton cabinet qu’on entend parler des fonctions que tu occupes, c’est là le problème.» 

De son côté, Gaétan Barrette s’attend à ce que les déclarations de Mme Guilbault sur l’incompétence de ses employés fassent l’objet de «poursuites».

«Si ces propos-là ne sont pas diffamatoires, je ne sais pas ce que ça prend», a-t-il soutenu.

Par ailleurs, M. Arcand a accusé le gouvernement Legault de rester les bras croisés devant les nombreux problèmes des corps policiers au Québec.

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) est sans chef permanent depuis que Robert Lafrenière a annoncé sa démission le 1er octobre 2018, jour de l’élection provinciale.

La Sûreté du Québec (SQ) est également sans chef permanent depuis que son directeur Martin Prud’homme a été relevé de ses fonctions il y a sept mois pour des motifs encore inconnus.

«Je pense qu’il y a des problèmes de gestion et on a une ministre qui est aux prises dans son cabinet, visiblement, avec énormément de problèmes», a déclaré Pierre Arcand. 

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