Legault entrevoit la fin de la montée fulgurante des hospitalisations

MONTRÉAL — Outre le retour en classe pour lundi, le gouvernement Legault annonce la fin du couvre-feu le même jour, affirmant que les «sacrifices» des Québécois ont donné des résultats.

En conférence de presse, jeudi, le premier ministre François Legault a déclaré avoir «quand même des bonnes nouvelles» à annoncer. Il a affirmé que selon les experts, le nombre d’infections se stabilise, et qu’un «pic» des hospitalisations serait atteint dans quelques jours, en espérant une baisse importante par la suite.

D’ici là, la prochaine fin de semaine pourrait être la plus dure dans le système hospitalier, a dit M. Legault.

«Même si on s’apprête à aller au pic, il reste que le pic est très haut, c’est possible que les hospitalisations augmentent, c’est possible que la prochaine fin de semaine soit la plus dure dans le réseau de la santé», a précisé le premier ministre.

M. Legault a fait le point jeudi devant les journalistes en compagnie du ministre de la Santé, Christian Dubé, du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, et du directeur national de santé publique par intérim, le DrLuc Boileau.

Le nouveau directeur national de la santé publique a imputé la stabilisation attendue des hospitalisations à la vaccination intensive des Québécois.

«Si on n’avait pas été vacciné, la semaine passée, la semaine entre le 1er et le 7 janvier, ce n’est pas 250 hospitalisations par jour de plus qu’on aurait eues, c’est près de 900 et on aurait été à peu près à plus de 3000 morts juste la semaine passée si on n’avait pas eu la vaccination, donc le Québec arrive extrêmement bien préparé à cela», a déclaré le Dr Boileau.

Le couvre-feu de 22h à 5h aura donc été en vigueur pendant environ deux semaines, ayant été décrété dans la hâte la veille du jour de l’An.

Par ailleurs, ce dimanche, les commerces seront contraints de fermer leurs portes pour la dernière fois.

Aussi, sans donner de date, M. Legault a dit espérer la réouverture «dans les prochaines semaines» des restaurants, salles de spectacle et cinémas, entre autres lieux.

Concernant l’élargissement de l’utilisation du passeport vaccinal, le premier ministre a indiqué qu’il serait exigé à compter du 24 janvier dans les grandes surfaces de plus de 1500 mètres carrés, en excluant les marchés d’alimentation et les pharmacies.

«Il va falloir avoir deux doses et éventuellement trois doses pour aller au Canadian Tire», a précisé M. Legault.

En ce qui a trait à la «contribution santé» qui doit être imposée aux personnes non vaccinées, M. Legault a assuré aux partis d’opposition qu’il y aurait un débat à l’Assemblée nationale sur la question. Il a soutenu que l’intention n’était aucunement «de faire mal aux personnes qui sont mal prises», comme les itinérants et les personnes avec des troubles mentaux. Le projet de loi sera déposé au début du mois de février.

Retour en classe lundi

Le retour en classe est prévu lundi dans tout le Québec et le ministre Roberge a promis la distribution de 3,6 millions de tests rapides à partir de la semaine prochaine aux parents par le biais des écoles, puis encore 3,6 millions en février.

«Il y aura aussi des tests rapides à l’intérieur des écoles si des enfants ou du personnel développent des symptômes en cours de journée», a ajouté le ministre de l’Éducation en précisant toutefois «qu’on n’envoie pas notre enfant symptomatique à l’école en se disant qu’ils vont le tester à l’école».

Également, des masques N95 seront offerts au personnel des écoles et des classes spécialisées. Mais ce type de masque n’est «pas nécessaire dans les écoles ordinaires», a indiqué le Dr Boileau en réponse aux différents syndicats d’enseignants qui réclament depuis longtemps ce type de protection. Selon lui, il n’y a pas de motif de croire que les milieux scolaires seraient plus sécuritaires si les enseignants portaient des masques N95 comme c’est le cas en Ontario notamment.

En fin d’après-midi jeudi, l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) a publié ses constats sur l’efficacité du masque N95.

«Le masque N95, à la condition d’être bien porté et ajusté, est plus efficace que le masque médical pour réduire l’exposition aux aérosols de petite taille, selon les données de tests expérimentaux en laboratoire», a déclaré l’INSPQ.

Toutefois, les auteurs de la publication soutiennent que «dans des contextes de travail réels, les deux masques sont efficaces pour prévenir l’infection du SRAS-CoV-2 et les connaissances scientifiques ne permettent pas de démontrer que l’un est supérieur à l’autre».

Luc Boileau a également déclaré «qu’il n’est pas démontré» que les écoles sont des lieux importants d’éclosions de COVID-19, elles seraient plutôt le reflet de la contagion communautaire.

À ceux qui sont inquiets en raison du retour en classe, François Legault a déclaré que «le nouveau variant a beaucoup moins d’impacts» que les variants précédents, «surtout chez les jeunes vaccinés».

«C’est très important que nos jeunes retrouvent leurs amis et leurs enseignants le plus vite possible», a indiqué le premier ministre avant d’ajouter que «la priorité au Québec, c’est l’éducation».

Le premier ministre a mentionné qu’il avait posé beaucoup de questions au Dr Boileau concernant «la ventilation dans les écoles», et celui-ci l’a rassuré en disant «que c’est sécuritaire», et «c’est la même chose pour le protocole, quand un enfant a la COVID-19, c’est seulement cinq jours d’isolement, comme à la garderie», a précisé François Legault.

Un plan de contingence en éducation

Afin de se préparer à un fort taux d’absentéisme dans les écoles en raison du variant Omicron, Québec demande aux établissements scolaires de préparer un plan de continence, et de prévoir même que des parents viennent prêter main-forte dans les classes. 

En conférence de presse, le ministre Jean-François Roberge a tenu à apporter des précisions: «On ne demande pas aux parents de devenir des enseignants, ni de devenir des suppléants, il est possible que de manière exceptionnelle, en dernier recours, temporairement, un parent vienne surveiller une classe».

Dans un document transmis aux centres de services scolaires, aux commissions scolaires et aux établissements d’enseignement privés, le ministère de l’Éducation prévient «qu’un très grand nombre de salariés, tous corps d’emploi confondus, devront s’isoler pour quelques jours dans les prochaines semaines». 

Le document indique que ces situations «pourraient potentiellement mener à des bris de services».

Il importe donc que les établissements d’enseignement «se dotent d’un plan de contingence» qui «entrerait en vigueur une fois que les mécanismes de  remplacement prévus aux conventions collectives seraient épuisés». 

Si une école ne peut pas remplacer du personnel en ayant recours aux suppléants habituels, le plan prévoit d’identifier des personnes-ressources dans l’établissement, comme «le personnel de soutien» ou alors en dehors de l’école, comme des «parents volontaires». 

Le document souligne que «les qualifications et aptitudes de ces différentes personnes doivent être analysées et prises en considération lorsque des responsabilités leur sont confiées, notamment pour la prise en charge d’un groupe». 

Le ministère demande également aux écoles d’analyser la faisabilité d’une organisation scolaire différente. Par exemple, en cas de besoin, le décloisonnement de certains groupes d’élèves devrait être considéré.  

«Un enseignant qui pourrait s’occuper de plus d’un groupe d’élèves, avec l’aide d’une autre ressource. Les élèves devraient idéalement demeurer dans deux locaux distincts afin d’éviter les contagions  potentielles. Les deux personnes (enseignant et autre ressource) se déplacent d’un local à l’autre», est-il suggéré dans le document qui précise que «cette organisation scolaire différente doit être déterminée dans le respect des conventions collectives en vigueur». 

Dans le but de procéder à un éventuel délestage, le ministère demande aux écoles d’identifier des services qui pourraient être suspendus pour permettre d’affecter ces ressources à l’enseignement. 

Les services des conseillers pédagogiques, d’orthopédagogie, d’orthophonie et de soutien pédagogique sont donnés en exemple dans les directives du ministère.

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