Legault et Marchand à la commémoration de l’attentat à la Grande Mosquée de Québec

MONTRÉAL — Le premier ministre François Legault est attendu samedi soir à la cérémonie officielle en la mémoire des victimes de la tuerie à la Grande Mosquée de Québec survenue le 29 janvier 2017. Le nouveau maire de Québec, Bruno Marchand, sera également présent. 

L’événement s’inscrit dans le cadre d’une semaine annuelle d’activités, la Semaine de découverte des musulmans, créée un an après la tragédie dans le but de rapprocher les communautés au lieu d’exacerber les divisions. En raison des contraintes liées à la pandémie, le grand public était invité à assister à une série d’événements en ligne du 25 au 31 janvier.

Il y a cinq ans, jour pour jour, l’attentat au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) a fait six morts et plusieurs blessés. 

Le porte-parole Boufeldja Benabdallah se souvient à quel point il était difficile de rassurer les gens après l’attentat, lors d’une conférence de presse jeudi pour présenter les détails de l’événement de samedi soir. Il a souligné que le sentiment de sécurité est de retour chez les fidèles grâce aux nouveaux aménagements du lieu de culte.

À ses côtés, Saïd Akjour, l’une des victimes de l’attentat, n’avait pas mis les pieds dans la mosquée depuis plusieurs mois. Il était très ému en se remémorant la place de ceux qui ont perdu la vie. 

Le 29 janvier 2017, Alexandre Bissonnette a fait irruption dans la salle de prière de la grande mosquée de Québec armé d’une carabine semi-automatique et d’un pistolet. Il a abattu six hommes et blessé plusieurs autres personnes par balles. En moins de deux minutes, 17 enfants ont perdu leur père.

Alexandre Bissonnette avait plaidé coupable à six chefs de meurtre au premier degré et il a été condamné à une peine minimale de 40 ans de prison avant de pouvoir demander une libération conditionnelle. La Cour d’appel du Québec avait toutefois révisé la peine minimale à 25 ans de prison, invalidant la disposition qui permettait les peines consécutives. 

L’affaire se retrouve maintenant devant la Cour suprême du Canada qui a accepté en mai dernier de se pencher sur la constitutionnalité des peines consécutives. 

Cinq ans après la tragédie, M. Benabdallah constate avec regret que l’islamophobie et les insultes sont encore présentes sur les réseaux sociaux, qu’il attribue à une minorité de gens.

Il a cependant reproché aux gouvernements le peu de gestes concrets pour s’attaquer à la circulation et à la possession d’armes à feu, trouvant d’ailleurs inconcevable que les armes qu’avait en sa possession le tueur de la Grande Mosquée de Québec puissent encore circuler librement au pays.

Soulignons que des veillées à la chandelle sont prévues samedi soir dans les villes de Québec, Montréal et Ottawa pour marquer le cinquième anniversaire de la tragédie à la mosquée de Québec et honorer la mémoire des victimes.