Legault: La plupart des mesures de confinement seront maintenues après le 8 février

QUÉBEC — Les Québécois pourront souffler un peu et profiter de certains assouplissements apportés aux règles sanitaires à compter du 9 février. 

Mais le premier ministre François Legault a cherché à baisser les attentes, jeudi, en conférence de presse à Québec, en marge de la tenue d’un caucus de ses députés.

La «majeure partie» des mesures actuelles de confinement et des règles sanitaires seront donc maintenues après le 8 février, a-t-il soutenu.

Il fera le point sur la situation de la pandémie de COVID-19 la semaine prochaine pour préciser ses intentions et annoncer les quelques allègements prévus.

Le couvre-feu imposé à tout le Québec, interdisant à tous de sortir entre 20 heures et 5 heures le lendemain matin, devait se terminer le 8 février. Mais compte tenu de la situation sanitaire, qui demeure préoccupante, c’est «très possible» qu’il soit prolongé, soit dans certaines régions seulement ou sur tout le territoire. Scénario fort probable, le couvre-feu devrait être maintenu dans la région de Montréal, épicentre de la pandémie au Québec.

«Il fonctionne bien le couvre-feu», a-t-il dit, estimant qu’il s’agissait d’un moyen efficace de réduire le nombre de rassemblements dans les résidences privées. 

Dans l’ensemble, la situation s’améliore au Québec, a-t-il observé, tant en ce qui a trait au nombre de cas d’infections que celui du nombre d’hospitalisations, mais pas suffisamment pour baisser la garde ou renoncer au délestage des chirurgies.

Ce ne serait pas réaliste, a-t-il fait valoir, se disant inquiet d’une possible percée du variant britannique du virus au Québec. Si ce scénario s’avérait, «ce serait la catastrophe dans nos hôpitaux», selon ses calculs, ce variant étant particulièrement contagieux.

Il ne faut pas s’attendre, non plus, à un allègement important des mesures à l’occasion de la semaine de relâche. Selon les régions, ce répit scolaire est prévu soit la dernière semaine de février, soit la première de mars. Il serait donc étonnant de voir le gouvernement autoriser des rassemblements durant cette période.

«On a des inquiétudes» à ce sujet, a-t-il dit.

Le 11 mars marquera la fin d’un cycle, au terme d’une année complète de mesures sanitaires imposées aux Québécois. Ce sera un jour de commémoration pour les milliers de personnes décédées des suites de la COVID-19. Des cérémonies sont prévues à cette occasion.

Québec rapportait jeudi 1368 nouveaux cas de COVID-19 — sensiblement le même nombre que la veille — et 37 décès. Les deux tiers des cas sont survenus dans la région de Montréal. 

Au total, on compte donc maintenant 258 698 personnes infectées depuis le mois de mars et 9667 morts depuis le début de la pandémie. 

Le nombre total d’hospitalisations a tendance à diminuer, chutant jeudi de 26 par rapport à la veille, avec un cumul de 1264. Parmi ces patients, le nombre de personnes se trouvant aux soins intensifs a lui aussi reculé, pour un total de 212, soit neuf de moins que la veille. 

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, s’est montré confiant de pouvoir maintenir son objectif de pouvoir compter sur la livraison de 1,3 million de doses de vaccin d’ici le 31 mars. Cela ne l’a pas empêché de  déplorer la «confusion» qui régnait dans ce dossier, du côté du gouvernement fédéral, de même que le report des livraisons prévues à court terme. 

Avec les reports de livraison annoncés, le premier ministre se demande à quel moment le Québec pourra affirmer qu’il a «vacciné toutes les personnes de 65 ans et plus». C’est seulement à compter de ce jour-là que la situation pourra changer, a-t-il indiqué, ajoutant que cette date-là «s’éloigne», contribuant à inciter le gouvernement à maintenir les mesures de confinement.

Sur la question de l’approvisionnement en vaccins, M. Legault a admis son impuissance, n’ayant pas été présent à la table de négociations menées entre Ottawa et les compagnies pharmaceutiques. 

«On les connaît pas les contrats pis les négociations», a résumé le premier ministre, refusant de se prononcer quand un reporter lui a demandé si les relations difficiles Québec-Ottawa depuis le début de la pandémie avaient ébranlé ses convictions fédéralistes ou modifié sa perception du Canada. 

Le fait de diriger un gouvernement «qui essaie de rendre le Québec plus autonome» lui apparaît la «meilleure alternative». 

Par la même occasion, il a réaffirmé sa demande pressante au premier ministre Justin Trudeau, qui consiste à interdire tous les voyages non essentiels à l’étranger ou encore à imposer une période de quarantaine, dans des hôtels supervisés, à tous les voyageurs provenant de l’étranger. 

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