Legault présidera un comité sur la transition énergétique

QUÉBEC — François Legault crée un comité sur la transition énergétique, pour que le Québec soit premier dans le monde à éliminer complètement les émissions de gaz à effet de serre (GES). 

Dans son discours à la suite de la présentation de son cabinet jeudi après-midi, le premier ministre a annoncé qu’il allait présider ce comité, qui sera composé des ministres de l’Économie, des Finances, de l’Environnement, des Relations avec les Autochtones, et de la présidente d’Hydro-Québec, Sophie Brochu.

L’annonce fait suite à des tensions entre elle et le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, qui vient de surcroît d’hériter du dossier de l’Énergie. Mme Brochu aurait même menacé de démissionner. 

«Je n’ai aucun problème avec Mme Brochu», a assuré M. Fitzgibbon en conférence de presse après sa nomination jeudi.

Le premier ministre soutient que son nouveau comité est nécessaire pour accélérer la transition énergétique. 

«J’ai l’ambition que le Québec soit le premier en économie verte, pour la réduction des GES et éventuellement l’élimination des GES, on doit ça à toutes les prochaines générations», a-t-il dit dans son discours devant un parterre d’élus, de dignitaires et partisans réunis dans le Salon rouge pour la présentation du cabinet. 

M. Legault estime qu’Hydro-Québec a «un rôle crucial» à jouer dans la transition énergétique. Il dit avoir parlé à Mme Brochu au cours des derniers jours.

«Il faut avoir les meilleurs autour de la table, les meilleures idées, les meilleurs cerveaux, faut tous les mettre ensemble autour de la table», a ajouté M. Legault, en indiquant qu’il allait rencontrer les représentants des groupes environnementaux et aussi des oppositions. 

S’il veut arriver à zéro GES, le Québec accuse un retard important à rattraper. Il vise une cible intermédiaire de réduction des GES de 37,5 % (moins 29 mégatonnes) pour 2030, par rapport au niveau de 1990, mais le plan présenté par la Coalition avenir Québec ne comporte que 42 % des mesures pour y arriver (12 mégatonnes).   

Dans son Plan stratégique, Hydro estime que le Québec aura besoin de 100 térawattheures (TWh) additionnels d’énergie pour atteindre la carboneutralité d’ici à 2050, conformément à ses engagements internationaux. Cela représente près de la moitié de la production annuelle de la société d’État. 

En campagne électorale, M. Legault a évoqué la construction de nouveaux barrages pour augmenter la production d’électricité. 

Déjà, des leaders autochtones ont émis des réserves jeudi sur l’érection de nouveaux ouvrages hydro-électriques. La grande cheffe de la nation crie, Mandy Gull-Masty, était présente à la cérémonie de prestation de serment des ministres. Elle a rappelé que de grands barrages se trouvent déjà sur le territoire de son peuple.

«On est beaucoup ‘impacté’, on travaille encore avec Hydro, et pour le futur, faut qu’on s’en parle avant de prendre une décision», a-t-elle dit 

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.