Legault prêt à «contourner» les accords internationaux pour favoriser l’achat local

QUÉBEC — Le gouvernement caquiste est prêt à «contourner» les accords de commerce internationaux pour favoriser l’achat local.

Le premier ministre François Legault a ainsi dénoncé vendredi les pratiques commerciales de certains pays comme la Chine.

Depuis le début de la crise du coronavirus, M. Legault est revenu souvent sur la nécessité d’accroître l’autosuffisance alimentaire du Québec et sa production de matériel médical, ce qui pourrait aussi donner une impulsion à l’économie des régions.

Vendredi, son discours a pris un tour plus protectionniste, au cours de sa conférence de presse quotidienne pour faire le point sur la COVID-19.

La question lui a été demandée : comment favoriser l’achat local en respectant les accord internationaux et le libre-échange?

«Il y a toutes sortes de manières de contourner ces lois internationales», a dit M. Legault.

Il a évoqué une nécessaire réciprocité dans l’accès aux marchés étrangers. Il estime notamment que la balance commerciale du Québec avec la Chine est inéquitable, avec un déficit de 8 milliards $.

«C’est très difficile de percer certains marchés comme la Chine. Donc, il ne faut pas être naïf. Si le marché, l’autre côté, n’est pas accessible par nos entreprises, je ne vois pas pourquoi on se priverait de le rendre plus difficilement accessible aussi à ces pays-là.»

Petits commerces

Par ailleurs, le gouvernement Legault a entendu le cri de détresse des petites municipalités.

Les commerces qui assurent leur vitalité se meurent et Québec n’exclut pas de leur fournir une aide financière directe.

Dans une lettre obtenue par La Presse canadienne, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) demande au premier ministre François Legault d’accorder un financement d’urgence aux petits supermarchés, stations-services, dépanneurs ou pizzerias qui assurent la subsistance de bien des villages.

Le président de la FQM, Jacques Demers, soutient que les prêts actuels ne suffisent pas pour sauver ces entreprises et réclame plutôt des subventions directes de 5000 $ ou 15 000 $.

«On n’exclut pas ça», a répondu le premier ministre François Legault.

Il a dit être conscient que beaucoup de petits commerces en région «en arrachent».

Il a rappelé qu’il existe déjà des programmes dans les MRC ainsi que des Fonds locaux d’investissement (FLI), cependant, il est ouvert à augmenter la mise.

«On regarde pour de l’aide», a commenté M. Legault. Toutefois, il a rappelé une priorité: un déconfinement imminent dans les régions, qui ont été moins touchées par la pandémie que la zone métropolitaine.

«Ce qui est important, c’est de les rouvrir rapidement, les petits commerces.»