Legere prévoyait une prise d’otage et une évasion l’année de sa condamnation

HALIFAX — Allan Legere avait planifié une nouvelle évasion l’année où il a été reconnu coupable d’une série de meurtres violents qui avaient semé la panique à Miramichi, au Nouveau-Brunswick, selon une décision écrite lui refusant la libération conditionnelle.

La décision de huit pages, qui fait suite à une audience de la Commission des libérations conditionnelles le 13 janvier, indique également qu’en mai 2019, une arme avait été retrouvée à l’intérieur du téléviseur dans sa cellule de l’Établissement d’Edmonton à sécurité maximale.

La décision écrite réitère le refus ferme de la commission de toute forme de libération conditionnelle pour le détenu de 72 ans, notant le refus de M. Legere d’accepter la responsabilité de sa violence et sa suggestion que les familles des victimes lui pardonnent et «passent à autre chose».

La décision contient également de nouveaux détails sur une tentative d’évasion peu connue jusqu’ici.

Le meurtrier, violeur et pyromane reconnu coupable s’est échappé de prison le 3 mai 1989, alors qu’il purgeait une peine d’emprisonnement à perpétuité pour le meurtre du propriétaire du magasin John Glendenning, lors d’un vol en 1986.

Il a ensuite terrorisé la région de Miramichi en perpétrant quatre autres meurtres violents, plusieurs incendies criminels et une agression sexuelle avant d’être arrêté le 24 novembre 1989.

Évasion et prise d’otage

Pourtant, même lorsqu’il a été emprisonné à l’Établissement de l’Atlantique à sécurité maximale après sa condamnation en 1991, M. Legere semblait continuer de planifier sa prochaine évasion.

«Selon les informations du dossier, vous avez des antécédents de tentatives et de succès d’échapper à la garde, est-il écrit dans la décision. En 1987, vous avez tenté de vous échapper à deux reprises, en 1989 vous vous êtes échappé et en 1991 vous avez de nouveau tenté de vous échapper.»

«En ce qui concerne la tentative de 1991, les informations du dossier relaient que le plan pour échapper à la garde à vue incluait une intention de prendre une employée en otage.»

M. Legere a été reconnu coupable des meurtres le 3 novembre 1991 après que des preuves ADN eurent confirmé sa présence sur les lieux du meurtre.

La raison d’un transfert

John Harris, un ancien directeur du Service correctionnel du Canada à l’Établissement de l’Atlantique, a déclaré lors d’un entretien téléphonique qu’il se souvenait de la tentative d’évasion de 1991, qui a été documentée par des agents du renseignement de l’établissement.

«Lorsque cette information (du plan d’évasion) a commencé à apparaître et que cela a commencé à devenir un peu intense, c’est à ce moment-là que la décision a été prise de le faire transférer dans l’unité super maximum (près de Montréal)», s’est souvenu M. Harris.

L’agent correctionnel à la retraite, âgé de 77 ans, a précisé que le plan de M. Legere avait été «gardé secret, mais qu’il avait été ajouté au dossier pour justifier le transfert».

«Nous avons dû mettre en garde certaines des femmes membres du personnel (…) Nous ne savions pas de quelle femme il s’agissait, mais nous avions une indication qu’il s’agissait d’une agente correctionnelle», a-t-il indiqué.

Legere nie avoir commis les meurtres

Lors de son audience de libération conditionnelle la semaine dernière, M. Legere n’a pas accepté la responsabilité des morts violentes, affirmant que d’autres avaient commis ces meurtres. Il a aussi attribué aux effets de l’alcool ses gestes à l’endroit d’une femme qu’il a ligotée et agressée sexuellement.

Il a dit à plusieurs reprises qu’il ne s’attendait pas à une libération conditionnelle, mais qu’il aimerait avoir la chance de poursuivre des programmes de réadaptation dans une prison à sécurité moyenne.

John Harris exhorte la commission et le service correctionnel fédéral à rester vigilants, car il pense que M. Legere pourrait planifier une autre évasion, malgré ses démentis d’une telle intention lors de l’audience.

«Ce ne sera pas une évasion telle que nous y pensons. Il prévoit atteindre un niveau de sécurité minimum, où vous pouvez simplement partir», a-t-il soutenu.

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