L’Église catholique dévoile 36 cas de violence sexuelle dans le Grand Vancouver

VANCOUVER — Une révision des dossiers des membres du clergé de l’archidiocèse catholique de Vancouver a permis de mettre en lumière 36 cas de violence sexuelle, la plupart impliquant des mineurs.

L’archevêque Michael Miller avait formé un comité l’année dernière pour mener cette enquête interne dans la foulée de révélations concernant des inconduites au sein de l’Église catholique partout à travers le monde.

Des avocats ont été appelés à présenter devant le comité les diverses causes portées contre des membres du clergé dans la région. Dans son rapport publié vendredi, le comité a retenu 26 cas de violence sexuelle contre des mineurs, 7 autres impliquant des adultes et 3 cas où des prêtres ont eu des enfants.

Ces faits remonteraient jusqu’aux années 1950 et couvrent l’archidiocèse de la région métropolitaine de Vancouver ainsi que d’autres secteurs de la Colombie-Britannique comme le district de la Sunshine Coast.

Le rapport présente 31 recommandations, dont une voulant que l’archidiocèse publie une liste des membres du clergé qui ont été condamnés, qui sont passés aux aveux ou qui ont été «accusés de manière crédible» avec leurs photos, leur emplacement actuel, et leurs anciens lieux de résidence et de travail.

Le document lui-même comporte les noms de neuf hommes qui ont été condamnés au criminel, qui ont réglé une poursuite contre eux ou qui ont été expulsés de l’Église même si leurs accusations ont été suspendues.

La présidente du comité de révision, l’avocate Mary Margaret MacKinnon, explique qu’avant de révéler d’autres noms, il faudra trouver un équilibre entre les obligations légales de l’archidiocèse et la volonté du public de connaître l’identité des prédateurs.

«Entre-temps, nous devrions pouvoir divulguer les noms de manière limitée, peut-être dans la paroisse où l’infraction aurait été commise, pour voir s’il y a d’autres personnes qui ont été touchées», a précisé Me MacKinnon.

L’archidiocèse dit travailler avec des experts de partout au Canada afin de trouver des moyens légaux de partager des informations concernant des membres du clergé qui n’ont pas été condamnés, mais dont la culpabilité ne fait pas de doute.

Le rapport précise qu’en raison des mesures de protection de la vie privée au Canada, l’archidiocèse de Vancouver a une moins grande marge de manoeuvre que les diocèses américains qui publient les noms de prêtres «accusés de manière crédible».

Le comité recommande également la création d’un bureau voué à la réception de plaintes de cette même nature, avec des employés spécialement formés pour faire face la complexité des inconduites sexuelles au sein de l’Église. L’archidiocèse a signalé son intention de concrétiser cette recommandation en début d’année prochaine.

L’archevêque Miller a déclaré dans une lettre précédant le rapport que l’Église catholique a trop tardé à se pencher sur les violences sexuelles perpétrées en sein, et ce, à travers le monde.

«Au cours de la dernière année, guidés par la providence divine, nous avons étudié et appris plus que jamais auparavant sur la douleur que vous avez endurée», a-t-il écrit à l’intention des «victimes/survivants».

«Je réalise qu’aucune expression de regret ne permet de redresser l’horreur de ce qui s’est produit. Bien que rien ne puisse réparer le tort qui vous a été causé, je souhaite néanmoins présenter à chacun de vous mes excuses sincères pour le traumatisme, la violation de votre corps et votre âme, et le sentiment de trahison et d’abandon par l’Église que vous ressentez.»

 

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