L’Égypte et le Soudan discutent du projet de barrage éthiopien

LE CAIRE — Le premier ministre du Soudan et le président de l’Égypte se sont rencontrés jeudi au Caire, alors que les deux pays tentent de présenter un front uni dans le dossier du barrage controversé que l’Éthiopie est à construire sur le Nil bleu.

Le premier ministre Abdalla Hamdok et le président Abdel Fattah el-Sissi ont convenu que leurs gouvernements doivent «collaborer étroitement en ce moment crucial» en attendant de pouvoir mobiliser des intervenants régionaux et internationaux comme médiateurs dans leur dispute avec l’Éthiopie, selon un communiqué de la présidence égyptienne.

La querelle porte sur le barrage de la Renaissance; sur la quantité d’eau que l’Éthiopie laissera écouler en cas de sécheresse prolongée; et sur la manière dont les trois pays régleront d’éventuels désaccords. L’Égypte et le Soudan ont demandé une entente ayant force de loi pour encadrer le fonctionnement du barrage, tandis que l’Éthiopie réclame seulement des lignes directrices.

Les trois pays n’ont jamais réussi à s’entendre, en dépit de pourparlers qui durent depuis plusieurs années.

Karthoum a récemment demandé aux États-Unis, à l’Union européenne, aux Nations unies et à l’Union africaine de s’impliquer dans le dossier pour faciliter la conclusion d’un accord.

Le Soudan souhaite que l’Éthiopie partage ses données concernant le fonctionnement du barrage pour éviter des inondations et protéger ses propres barrages sur le Nil bleu, l’affluent principal du Nil.

Le Nil bleu rencontre le Nil blanc à Khartoum. Le Nil coule ensuite vers le nord, traversant l’Égypte jusqu’à la mer Méditérrannée.

L’Égypte, le pays le plus peuplé du monde arabe avec plus de 100 millions d’habitants, a qualifié le barrage de menace existentielle et craint qu’il ne réduise sa part des eaux du Nil. Le pays dépend presque complètement du Nil pour abreuver sa population et irriguer ses récoltes.

Environ 85 % des flots du Nil proviennent de l’Éthiopie. Des responsables éthiopiens espèrent que le barrage, qui est maintenant complet à plus de 75 %, atteindra sa pleine puissance énergétique en 2023, aidant des millions de personnes à sortir de la pauvreté.

Au cours des dernières semaines, Le Caire et Khartoum ont dénoncé les intentions éthiopiennes de profiter de la prochaine saison des pluies, en juillet, pour continuer à remplir le réservoir du barrage.

Le premier ministre Hamdok a visité l’Égypte moins d’une semaine après que le président el-Sissi se soit rendu à Khartoum. Il s’agissait de sa première visite chez son voisin depuis qu’un soulèvement populaire a poussé l’armée soudanaise à détrôner le dictateur Omar al-Bachir en avril 2019.

Les efforts de réconciliation de l’Égypte avec le Soudan se sont intensifiés depuis la chute de M. al-Bachir. Des dirigeants civils et militaires de haut niveau s’échangent des visites. Plus tôt ce mois-ci, les deux pays ont signé un accord pour renforcer leur collaboration militaire.

Les deux dirigeants ont aussi profité de leur rencontre au Caire pour discuter de projets économiques portant notamment sur l’électricité, les transports, l’agriculture et l’irrigation.

– Par Noha Elhennawy, The Associated Press

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