L’emploi du coquelicot sur des panneaux électoraux indigne la Légion royale

OTTAWA — La présence d’un coquelicot sur les panneaux électoraux de deux candidats aux élections municipales, au nord de Toronto, indigne la Légion royale canadienne.

Nickolas Harper et Chris Dupee, tous deux des vétérans de la guerre en Afghanistan, ont décidé d’utiliser le symbole du jour du Souvenir afin de faire savoir aux électeurs qu’ils ont servi dans l’armée.

M. Dupee, qui se présente à Newmarket, est le propriétaire d’une clinique de soins psychiatriques pour les anciens combattants. Il explique qu’avoir porté l’uniforme est un élément clé de son identité.

«Je n’ai qu’une chance de me présenter à ma collectivité et la convaincre que je suis le bon gars, souligne-t-il. Cela reflète mon engagement à servir et que cela ne s’arrête jamais. C’est une autre façon de servir ma collectivité.»

La Légion royale canadienne a ordonné, sous peine de recours judiciaire, aux deux hommes de retirer le coquelicot de leurs panneaux électoraux. Tous deux ignoraient que l’organisation détenait les droits du coquelicot. C’est elle qui autorise ou non l’utilisation de l’image de ce symbole au Canada.

Les deux hommes ont obéi et recouvert les panneaux où le coquelicot apparaissait. Toutefois, ils remettent en question le fait que la Légion détient seule les droits sur l’image du coquelicot. Selon eux, les Canadiens ayant servi dans l’armée devraient pouvoir le faire gratuitement.

«Si c’est ça que devient le pays, eh bien franchement, lance M. Harper qui espère devenir conseiller municipal à Bradford. Le coquelicot est reconnu internationalement. C’est un symbole qui reconnaît les anciens combattants et les sacrifices qu’ils ont faits.»

Selon M. Dupee, la responsabilité de s’assurer que le coquelicot est traité avec respect pourrait revenir aux anciens combattants.

«Un problème pourrait être réglé au niveau des pairs, pas sur le plan juridique. Si quelqu’un franchit la ligne, d’autres, comme moi, pourraient l’en avertir», dit-il.

Le coquelicot a été adopté en 1921 comme symbole au Canada et dans les autres pays du Commonwealth. Toutefois, selon une porte-parole de la Légion, Nujma Bond, il ne représente pas tous les anciens combattants, seulement ceux qui sont morts en devoir.

Le symbole est un élément central de sa campagne de financement de la Légion qui génère des millions de dollars.

La Légion a obtenu les droits exclusifs de l’image du coquelicot en 1948 après l’adoption d’une loi au Parlement. Elle doit s’assurer que le coquelicot n’est pas utilisé pour des fins personnelles ou à des buts lucratifs. Les politiciens, quelles que soient leurs allégeances, ne peuvent pas s’en servir.

«Le coquelicot et la politique ne font pas bon ménage, souligne Mme Bond. La fleur est le symbole du sacrifice des Canadiens morts au champ d’honneur. Elle n’est pas pour les politiciens, quel que soit l’ordre de gouvernement.»  

Ce n’est pas la première fois que la Légion royale canadienne tente d’empêcher l’utilisation du coquelicot sans son autorisation. En 2017, elle avait pris pour cible une campagne de financement qui utilisait le symbole.

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