L’enquête publique fédérale-provinciale sur la tuerie en N.-É. annoncée bientôt

HALIFAX — Le ministre de la Justice de la Nouvelle-Écosse a soutenu jeudi qu’il mettait la dernière main aux détails d’une enquête fédérale-provinciale sur la tuerie d’avril dernier.

Mark Furey a indiqué qu’il était maintenant à fixer avec son homologue fédéral le moment et le lieu de l’annonce officielle.

Le ministre Furey indiquait il y a deux semaines qu’une annonce était imminente pour une forme d’enquête sur la tuerie des 18 et 19 avril, qui a fait 22 morts dans le nord et le centre de la Nouvelle-Écosse. M. Furey a toutefois précisé jeudi qu’il avait fallu un peu plus de temps que prévu «pour régler les détails» avec son homologue fédéral, Bill Blair.

Le ministre soutenait à l’époque que la forme retenue pour cette enquête devait comprendre certaines caractéristiques, y compris une direction judiciaire, le pouvoir de convoquer des témoins et la capacité de faire des recommandations contraignantes. Il avait également indiqué que lui et son personnel négociaient avec Ottawa pour déterminer la meilleure option, qui pourrait comprendre une enquête publique fédérale-provinciale traditionnelle dirigée par un commissaire indépendant.

«Nous avons beaucoup travaillé avec le gouvernement fédéral au cours des dernières semaines pour trouver le bon mécanisme pour nous assurer que les questions appropriées seront posées (…) que les réponses appropriées seront recueillies, et, à partir de là, que des recommandations pourront apporter des changements», expliquait alors le ministre Furey.

Depuis la tuerie, les gouvernements fédéral et provincial ont dû faire face à des pressions croissantes pour tenir une enquête publique sur l’un des pires massacres de l’histoire du Canada. Ces appels sont venus aussi bien des membres des familles des victimes que des politiciens de l’opposition et d’une trentaine de 30 professeurs de droit de l’Université Dalhousie. Ces juristes ont mis en garde contre la tenue d’une enquête à portée limitée, puisqu’il y a des questions importantes et vastes à examiner, y compris le rôle de la violence conjugale dans cette tragédie.

La GRC a confirmé que le tueur avait agressé sa conjointe de fait avant d’amorcer sa cavale meurtrière au soir du 18 avril. D’autres personnes ont témoigné des antécédents de violence conjugale du tueur.

Le ministre Furey a répété jeudi qu’il aimerait que cette enquête adopte une approche réparatrice, comme l’avait fait cette province en 2015 lorsqu’elle a examiné des allégations de sévices commis dans un ancien orphelinat de la région de Halifax.

L’approche de cette enquête comportait des «cercles de partage» avec d’anciens résidents, des jeunes Noirs et des organismes communautaires. Au lieu de formuler une liste de recommandations, le rapport final de l’enquête offrait une «feuille de route» pour briser ce qu’il décrivait comme l’approche en silo du gouvernement pour aider les personnes les plus vulnérables.

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