L’entreprise de cosmétiques Lush dénonce l’Entente sur les tiers pays sûrs

OTTAWA — L’entreprise de cosmétiques Lush lance une pétition au Parlement afin que le Canada se retire d’un accord avec les États-Unis qui régit les demandes d’asile dans les deux pays.

Cette pétition contre l’Entente sur les tiers pays sûrs fait partie d’une campagne plus large menée par l’entreprise pour mettre en lumière les impacts de changements majeurs dans la politique d’immigration aux États-Unis. Lush, par l’entremise de son siège social nord-américain situé à Vancouver, y ajoute maintenant un élément canadien à cause de l’Entente sur les tiers pays sûrs.

Cette entente interdit aux migrants se trouvant déjà au Canada ou aux États-Unis de demander l’asile à un poste-frontière entre le Canada et les États-Unis, puisque ces deux pays sont considérés comme «sûrs». Les migrants doivent donc faire leur demande dans le premier de ces deux pays où ils ont d’abord mis le pied. Mais Lush fait valoir que l’application plus stricte de la loi américaine sur l’immigration, la séparation des familles à la frontière mexicaine et une forte réduction des admissions de réfugiés signifient que les États-Unis ne sont plus un «pays sûr».

Une faille dans cette politique permet aux migrants qui arrivent de façon irrégulière au Canada en provenance des États-Unis — en traversant la frontière entre deux postes officiels, comme par le chemin Roxham — de faire une demande d’asile. Plus de 54 000 personnes qui ont franchi la frontière de cette façon ont déposé une demande d’asile au Canada depuis 2017. Jusqu’ici, 12 255 personnes ont vu leur demande approuvée et 10 627 rejetée.

L’Entente sur les tiers pays sûrs «présuppose que les États-Unis sont un pays « sécuritaire » qui respecte les droits de la personne et la Convention relative au statut des réfugié.e.s, lit-on dans la pétition en ligne de Lush. Toutefois, en raison des politiques actuellement en vigueur aux États-Unis, le pays n’est pas un endroit sécuritaire pour bon nombre de réfugié.e.s.»

En respectant cette entente, «le Canada est complice des efforts de l’administration américaine pour démanteler les protections vitales pour les réfugiés et sape les engagements du Canada envers les droits de la personne», écrit la société dans un communiqué accompagnant sa campagne pour la liberté de mouvement lancée cette semaine.

Aux États-Unis, les magasins Lush disent être des «refuges» pour les sans-papiers, à l’abri des agents de l’immigration.

Le ministre canadien de l’Immigration, Marco Mendicino, a été chargé de «moderniser» l’entente, mais il est peu probable que cela se produise dans un proche avenir, alors que les États-Unis sont en pleine année électorale.

Lush n’en est pas à ses premières armes en matière de militantisme. L’entreprise a notamment fermé ses magasins au Canada lors des «grèves pour le climat», en septembre, afin d’encourager le personnel et les clients à y participer.