Les acides gras oméga-3 et 6 auraient un impact bien différent sur l’asthme

MONTRÉAL — Les acides gras oméga-3 et 6 semblent avoir un impact opposé sur l’asthme des enfants, démontre une nouvelle étude américaine­.

Ces substances pourraient aussi moduler leur réponse à la pollution intérieure, ont expliqué dans un communiqué des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université Johns Hopkins.

Ainsi, l’asthme était moins grave et les symptômes moins prononcés chez les enfants exposés à des niveaux élevés de pollution intérieure si leur alimentation était riche en acides gras oméga-3. En revanche, l’asthme était plus grave et les symptômes plus prononcés chez les enfants dont l’alimentation contenait beaucoup d’acides gras oméga-6.

«C’était une population vulnérable, donc ça ne veut pas dire que ça pourrait bien fonctionner pour monsieur et madame Tout-le-Monde, a souligné le docteur Jean-Claude Lavoie, du CHU Sainte-Justine. C’était une population d’enfants qui étaient dans un environnement pollué (…) ce sont tous des enfants asthmatiques avec divers degrés de sévérité. Tout est là pour déclencher une crise d’asthme.»

Les acides gras oméga-3 se retrouvent dans le poisson, les fèves de soya et certaines noix. Les acides gras oméga-6 se retrouvent principalement dans les huiles végétales. Les médecins savent depuis un moment que les premiers peuvent combattre l’inflammation, tandis que les seconds peuvent la stimuler.

L’étude a été menée auprès de 135 enfants âgés de cinq à 12 ans dans la ville de Baltimore. Environ un tiers d’entre eux souffraient d’asthme modeste, un tiers d’asthme modéré et un tiers d’asthme sévère. Les chercheurs ont examiné leur alimentation, leurs symptômes et leur médication au début de l’étude, après trois mois et après six mois.

Les chercheurs ont aussi examiné l’exposition des enfants à deux types de pollution intérieure: les particules PM2.5, qui peuvent se loger au plus profond des poumons, et les PM10, qui se déposent habituellement le long des voies aériennes. Ces deux types de particules peuvent déclencher des crises d’asthme.

Essentiellement, les chercheurs américains ont découvert que les enfants qui consommaient le plus d’oméga-6 étaient plus susceptibles de présenter des symptômes asthmatiques en réponse à une exposition équivalente à la pollution, tandis que les enfants qui mangeaient le plus d’oméga-3 étaient moins susceptibles.

«Ça ne veut pas dire que les oméga-6 sont mauvais pour la santé, faisons attention, a dit le docteur Lavoie. C’est un essentiel pour la santé (…) pour maintenir la pression sanguine, pour avoir une réponse immunitaire… L’inflammation est essentielle, c’est un système de réparation, mais il faut que ça disparaisse ensuite. Mais il faut aussi les oméga-3 (parce qu’ils) abaissent l’inflammation. Il faut avoir les deux. Mais il ne faut pas avoir trop d’un ou pas assez de l’autre. C’est toute une histoire d’équilibre.»

Les conclusions de cette étude sont publiées par l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine.