Les acteurs de la musique revendiquent plus de nouveauté dans les radios commerciales

MONTRÉAL — Les artistes émergents ont trop peu de temps d’antenne sur les ondes musicales de la radio commerciale, déplore l’ADISQ qui propose que 50 % des quotas minimaux alloués à la chanson francophone soient consacrés à de nouveaux artistes ou à de nouvelles chansons d’artistes connus. 

Cette demande contenue dans un mémoire déposé au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) cette semaine est bien accueillie de la part des acteurs du milieu de la musique qui revendiquent une telle mesure depuis un certain temps.   

«Je trouve que c’est une belle nouvelle», lance Fannie Crépin qui a cofondé l’initiative Musique Bleue avec l’auteur-compositeur-interprète Philémon Cimon afin de favoriser l’écoute de la musique québécoise durant la pandémie. 

Elle dit souhaiter que cela mène à un réel changement sur les ondes FM. «Je suis une optimiste, j’espère que le CRTC sera ouvert aux recommandations (de l’ADISQ)», ajoute-t-elle. 

Elle estime que les politiques entourant la diffusion de la musique à la radio ne sont pas adaptées à la réalité d’aujourd’hui, surtout si l’on considère que le monde de la musique, lui, a beaucoup évolué au cours des dernières années.  

Une petite fraction des chansons francophones jouées à la radio dominent les ondes, pour la plupart, depuis plusieurs décennies.

Le rôle de la radio

Bien que les habitudes d’écoute changent et que les Québécois soient nombreux à adopter les plateformes d’écoute en continu, l’ADISQ est d’avis que «la radio peut jouer un rôle important» dans la carrière d’un musicien et s’avérer un véritable tremplin. 

«Les artistes ont besoin de cette vitrine essentielle», affirme la directrice générale de l’ADISQ, Solange Drouin.  

Raison pour laquelle l’organisation demande au CRTC de procéder à des ajustements pour dépoussiérer la politique sur la radio commerciale qui n’a pas fait l’objet de changement depuis 15 ans. 

D’autant plus que cette politique de 2006 est «quasi identique» à la précédente établie en 1998, peut-on lire dans le mémoire qu’elle a déposé cette semaine. 

Le musicologue et professeur à l’UQAM Danick Trottier croit lui aussi encore à l’impact de la radio sur la carrière d’un jeune musicien. 

Il admet que l’internet a ouvert de nouvelles portes. «Je forme de futurs étudiants émergents et ils sont sur les Bandcamp, Spotify et autres plateformes, par contre il ne faut pas minimiser l’importance de la radio», résume M. Trottier qui compare le web à un océan où la musique francophone peut se noyer. 

En d’autres termes, même s’il demeure difficile de percer dans un cas comme dans l’autre, selon lui, un nouvel artiste aurait plus de chance de se démarquer sur un terrain de jeu plus petit où la chanson francophone est mise en valeur. 

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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