Les actions militaires sont évitables en Libye, le Canada surveille la situation

OTTAWA – Le chef d’état-major de la Défense du Canada a déclaré qu’une intervention militaire en Lybie n’était pas inévitable, mais il révise activement ses options pour pouvoir conseiller le gouvernement si cela devait se produire.

Le général Jonathan Vance a précisé qu’il ne favorisait pas une voie plus qu’une autre au sujet d’une possible participation canadienne à une coalition militaire occidentale en Libye.

Les rumeurs laissent entendre qu’une nouvelle intervention militaire sera nécessaire pour combattre les groupes extrémistes en Libye.

«Au moment où on se parle, je ne suis pas convaincu qu’une intervention militaire soit inévitable», a déclaré M. Vance après un discours à Ottawa.

Il a dit que la décision allait largement dépendre des intentions du nouveau gouvernement d’union nationale libyen soutenu par l’ONU et de l’aide qu’il allait demander.

«Je crois qu’il y a des options qui dépendent de ce que le gouvernement voudra faire et de ce que déterminera l’analyse au sujet de la manière dont nous pourrions les aider, a-t-il expliqué. Le seul fait d’agir militairement, bien sûr, n’aidera en rien.»

L’emprise du groupe armé État islamique dans la ville portuaire libyenne de Syrte demeure un obstacle sérieux à toute tentative de stabiliser la situation, a-t-il dit.

«Le pays s’habitue au nouveau gouvernement, a commenté M. Vance. (Il a encore du travail à faire pour) former des institutions gouvernementales, sans compter des forces armées qui représentent le pays en général».

Comme il l’expliquait lors d’un précédent discours devant le Cercle Canadien à Ottawa, il n’y a pas de victoire militaire claire dans les batailles du XXIe siècle contre les menaces terroristes comme le groupe armé État Islamique et Al-Qaïda.

C’est le raisonnement derrière la mission d’entraînement du Canada dans le nord de l’Irak, qui aide les combattants kurdes à affronter l’État islamique.

Les combattants islamistes ont aussi pris de l’expansion en Libye après avoir profité de la guerre civile qui a frappé le pays en 2014.

La Lybie est plongée dans un chaos depuis 2011, alors que le Canada a participé à l’intervention aérienne de l’OTAN sous mandat de l’ONU visant à protéger les citoyens contre le président de l’époque Mouammar Kadhafi — tué plus tard par des insurgés.

L’absence d’un plan de reconstruction occidentale post-Kadhafi a entraîné la Libye dans une spirale descendante. Différentes factions ont attaqué les caches d’armes de Kadhafi, laissant l’État dépourvu à ce chapitre.