Les alliés de l’OTAN signent les protocoles d’adhésion de la Suède et de la Finlande

BRUXELLES — Les 30 alliés de l’OTAN ont signé mardi les protocoles d’adhésion de la Suède et de la Finlande, envoyant les demandes d’adhésion des deux pays aux capitales de l’alliance pour approbation législative, ce qui pourrait toutefois causer d’éventuels troubles politiques en Turquie.

Cette décision renforce encore l’isolement stratégique de la Russie à la suite de son invasion de l’Ukraine voisine en février et des luttes militaires qui s’y sont déroulées depuis.

«Il s’agit vraiment d’un moment historique pour la Finlande, pour la Suède et pour l’OTAN», a déclaré le chef de l’alliance, le secrétaire général Jens Stoltenberg.

Le Danemark et le Canada ont été les plus rapides à signer les documents de ratification. Ils les ont remis à Washington quelques heures seulement après la signature des protocoles d’adhésion à Bruxelles, a déclaré par téléphone le ministre danois des Affaires étrangères Jeppe Kofod à l’Associated Press.

«Aujourd’hui, le Canada est devenu le premier pays à ratifier les protocoles d’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’OTAN. Les deux pays franchissent ainsi une autre étape vers le statut de membre à part entière», a déclaré le premier ministre Justin Trudeau par communiqué.

«Le Canada a pleinement confiance dans la capacité de la Finlande et de la Suède de s’intégrer rapidement et efficacement à l’OTAN et de contribuer à la défense collective de l’Alliance. Nous avons toujours apprécié leur partenariat étroit avec l’Alliance et leurs précieuses contributions à la sécurité transatlantique.

«Leur adhésion rendra l’OTAN plus forte, et nous exhortons tous les pays membres de l’OTAN à terminer rapidement leur processus de ratification afin de limiter les possibilités d’ingérence de la part d’adversaires», a ajouté le premier ministre Trudeau.

Les 30 ambassadeurs et représentants permanents ont officiellement approuvé les décisions prises lors d’un sommet de l’OTAN à Madrid la semaine dernière, lorsque les dirigeants des pays membres ont invité la Finlande, voisine de la Russie, et la Suède à joindre le club militaire.

Cependant, l’obtention de l’approbation parlementaire pour les nouveaux membres en Turquie pourrait encore poser problème, même si la Suède, la Finlande et la Turquie sont parvenues à un protocole d’accord lors du sommet de Madrid.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu qu’Ankara pourrait bloquer le processus si les deux pays n’accédaient pas aux demandes de la Turquie pour l’extradition de personnes qu’elle considère comme suspectes de terrorisme. Les personnes recherchées en Turquie ont des liens avec des groupes kurdes interdits ou le réseau d’un religieux exilé accusé d’un coup d’État manqué en 2016.

Il a déclaré que le Parlement turc pourrait refuser de ratifier l’accord. Il s’agit d’une menace puissante puisque l’adhésion à l’OTAN doit être formellement approuvée par les 30 États membres, ce qui donne à chacun un droit de blocage.

M. Stoltenberg a déclaré qu’il ne s’attendait à aucun changement d’avis. «Il y avait des problèmes de sécurité qui devaient être résolus. Et nous avons fait ce que nous faisons toujours à l’OTAN. Nous avons trouvé un terrain d’entente», a-t-il déclaré.

L’invasion russe de l’Ukraine a donné au processus une urgence supplémentaire. Il intégrera les deux nations dans l’alliance militaire occidentale et donnera plus de poids à l’OTAN, en particulier face à la menace militaire de Moscou.

«Nous serons encore plus forts et notre peuple sera encore plus en sécurité alors que nous sommes confrontés à la plus grande crise de sécurité depuis des décennies», a déclaré M. Stoltenberg.

Lors d’une conférence de presse, il a été demandé aux ministres des Affaires étrangères de Suède et de Finlande si le mémorandum précisait les personnes qui devraient être extradées vers la Turquie. Les deux ministres ont déclaré qu’aucune liste de ce type ne faisait partie de l’accord.

«Nous honorerons pleinement le mémorandum. Il n’y a, bien sûr, aucune liste ou quoi que ce soit de ce genre dans le mémorandum, mais ce que nous ferons, ce sera d’avoir une meilleure coopération en ce qui concerne les terroristes», a déclaré la ministre suédoise des Affaires étrangères, Ann Linde.

Son homologue finlandais, Pekka Haavisto, a été tout aussi catégorique.

«Tout ce qui a été convenu à Madrid est indiqué dans le document. Il n’y a pas de documents cachés derrière cela ou d’accords derrière cela», a déclaré M. Haavisto.

Chaque pays de l’alliance a des défis législatifs et des procédures différents à gérer, et cela pourrait prendre encore plusieurs mois pour que les deux pays nordiques prennent leur place en tant que membres officiels de l’OTAN.

Les documents de ratification doivent être remis à Washington, car le traité fondateur de l’OTAN y a été signé en 1949.

Le Parlement allemand devrait ratifier les candidatures à l’adhésion vendredi, selon les démocrates libres, un parti partenaire du gouvernement de coalition du pays. D’autres Parlements pourraient n’entamer le processus d’approbation qu’après de longues vacances d’été.

«J’attends avec impatience un processus de ratification rapide», a déclaré M. Haavisto.

En attendant, les protocoles approuvés mardi amènent déjà les deux pays plus profondément dans le giron de l’OTAN. En tant que partenaires proches, ils ont déjà assisté à certaines réunions portant sur des questions qui les ont immédiatement touchés. En tant qu’invités officiels, ils peuvent assister à toutes les réunions des ambassadeurs même s’ils n’ont pas encore le droit de vote.

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