Les anciens combattants veulent qu’Ottawa approuve environ 44 000 demandes

OTTAWA — La frustration grandit au sein de la communauté des anciens combattants du Canada. De nombreux anciens soldats invalides attendent le soutien du gouvernement fédéral au moment où celui-ci doit approuver de façon accélérée des millions de demandes d’aide liées à la COVID-19.

Les anciens combattants et ceux défendant leurs droits veulent obtenir l’approbation automatique d’environ 44 000 demandes transmises au ministère des Anciens Combattants. Le gouvernement fédéral n’a pas encore accepté la demande.

Beaucoup se demandent pourquoi le gouvernement refuse cette demande, à la suite des rapports selon lesquels des fonctionnaires ont été invités à approuver les paiements par le biais de la Prestation d’urgence canadienne, même en cas de suspicion de fraude ou d’abus.

Bien qu’Anciens Combattants Canada affirme que l’objet et les exigences légales concernant la PCU soient différents de ses programmes de prestations d’invalidité, il est à craindre que le retard pris dans l’étude des demandes des vétérans canadiens se creuse à mesure que la pandémie crée de nouveaux obstacles au traitement des demandes.

«Nous rendons la tâche plus simple en fournissant les preuves nécessaires pour en arriver à des décisions rapides, a dit le porte-parole du ministère Josh Buekert, dans un courriel. Nous révisons le processus malgré les circonstances difficiles et nous allons continuer à aller de l’avant.»

Certains anciens combattants ont aussi exprimé leur frustration sur les réseaux sociaux, demandant comment le gouvernement pouvait-il approuver les dossiers de millions de personnes, mais pas ceux de personnes blessées en fonction.

«Les anciens combattants sont fâchés parce qu’ils sont toujours les derniers dans la file», a dit le caporal-chef à la retraite Dave Toy, qui attend depuis plus de 18 mois de savoir si sa demande de prestations concernant des troubles de stress post-traumatique sera approuvée.

«Nous avons une raison de plus d’être en colère.»

Le Conseil national des associations d’anciens combattants, qui représente plus de 60 groupes d’anciens combattants, mène la charge auprès du gouvernement pour qu’il approuve des demandes de prestation d’invalidité de combattants blessés pour les aider pendant la pandémie de la COVID-19.

Le taux d’approbation de ces demandes est habituellement très élevé, a noté le président du conseil, Brian Forbes. Il a toutefois ajouté que la pandémie a créé de nouveaux obstacles dans le processus, notamment en raison du besoin de recevoir le feu vert d’un médecin.

«Le gouvernement a indiqué qu’il serait difficile de justifier un processus bureaucratique complexe, a rappelé M. Forbes en revenant sur la PCU. En cette période, la même approche devrait être appliquée (pour les demandes des anciens combattants). Nous parlons d’anciens combattants invalides, de personnes dans le besoin.»

M. Forbes a indiqué que l’idée d’approbation automatique a gagné en popularité au sein du ministère, mais qu’il restait des questions concernant la gestion des cas d’abus.

Jusqu’ici, le gouvernement a refusé d’aller de l’avant avec cette idée.

«Ça bouge du côté des Affaires des anciens combattants en ce qui concerne un processus automatique pour gérer les retards, a-t-il dit. Je suis un peu biaisé, mais je ne classerais pas des anciens combattants invalides dans la même catégorie que des fraudeurs chevronnés.»

La porte-parole en matière des anciens combattants au sein du NPD, Rachel Blaney, a noté être au courant des inquiétudes et plaintes des anciens combattants concernant les retards et qu’elle n’a pas entendu aucune raison justifiant un refus d’approuver automatiquement des demandes en attendant la vérification du dossier un peu plus tard.

«Approuvons les demandes, a-t-elle dit. Ce sont des personnes qui ont déjà rendu service au pays. Ce n’est pas un groupe de personnes qui représente un risque élevé de fraude.»

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