Les «anges gardiens» d’Edward Snowden veulent être réunis au Canada

MONTRÉAL — Une réfugiée qui avait contribué à «cacher» le lanceur d’alerte Edward Snowden à Hong Kong est heureuse de sa nouvelle vie à Montréal, mais elle s’inquiète du sort d’autres membres du groupes qui ont aidé le fugitif américain.

Lors d’une conférence de presse à Montréal mercredi, Vanessa Rodel a déclaré qu’elle et sa fille de sept ans, Keana, s’installaient petit à petit dans la métropole, où depuis leur arrivée en mars, elles ont trouvé un appartement et apprennent le français.

Mme Rodel, qui a fui persécution basée sur le sexe et le trafic humain aux Philippines pour se réfugier à Hong Kong il y a 17 ans, se réjouit de pouvoir maintenant aller à l’école.

Après des années d’incertitude, la femme de 42 ans affirme qu’en obtenant ses vraies pièces d’identité, elle s’était sentie comme si elle avait «gagné un prix».

«Pour la première fois, j’ai une carte de crédit et une résidence permanente, alors je suis tellement heureuse», a-t-elle raconté.

«Maintenant, je vais à des cours de français, c’est incroyable, parce que j’ai déjà ma carte d’étudiant.»

Mme Rodel dit qu’elle et sa fille apprécient la nourriture de Montréal, ainsi que les marches sur le mont Royal, qui leur permettent de savourer leur nouvelle liberté.

Keana, qui était vêtue d’une robe mauve brillante, a démontré devant les journalistes son habileté à compter jusqu’à dix en français. Sa matière préférée à l’école est le basketball, a-t-elle confié.

Inquiétudes pour les autres «anges»

Malgré toute sa reconnaissance, Mme Rodel dit s’inquiéter sur le sort des cinq autres membres du groupe surnommé les «anges gardiens» de M. Snowden — dont le père de sa fillette et deux de ses enfants — qui se trouvent toujours à Hong Kong.

Mme Rodel et ses avocats ont demandé une fois de plus au gouvernement du Canada d’accepter la demande d’asile de ces personnes, qui selon elle, sont victimes de discrimination. De plus, quatre d’entre eux, dont deux jeunes enfants, pourraient être expulsés vers le Sri Lanka.

«Notre famille a été divisée et je demande au Canada d’agir maintenant pour réunir la famille», a-t-elle soutenu, ajoutant qu’elle ne comprenait pas pourquoi tous les membres du groupe n’avaient pas été acceptés en même temps.

L’arrivée de Vanessa Rodel et de sa fille à la fin du mois de mars ont mis fin à une longue saga qui remonte à mars 2013.

À l’époque, lorsque Edward Snowden s’était enfui à Hong Kong après avoir divulgué des documents classifiés de l’Agence nationale de la sécurité des États-Unis, Mme Rodel et une poignée d’autres se sont regroupés pour l’aider, selon leur avocat. M. Snowden vit maintenant à Moscou et il est recherché aux États-Unis en lien avec la divulgation de documents très sensibles.

Lors de la conférence de presse, les avocats de Mme Rodel ont révélé qu’ils avaient déposé de nouvelles demandes pour que ces autres réfugiés soient acceptés pour des motifs humanitaires et de réunification familiale.

L’avocat Robert Tibbo soutient que toute la famille souffre psychologiquement de cette séparation et qu’il est impératif qu’elle soit réunie bientôt au Canada.

Selon M. Tibbo, une affaire récente dans laquelle l’Allemagne a accordé l’asile à deux militants de Hong Kong a confirmé les affirmations des «anges gardiens» de Snowden selon lesquelles ils auraient été persécutés par les autorités du territoire chinois.

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