Les appuis à Énergie Est varient grandement d’une région à l’autre

CALGARY – Un nouveau sondage réalisé en ligne par l’Institut Angus Reid suggère que 64 pour cent des Canadiens sont en faveur du projet d’oléoduc Énergie Est, mais ces appuis varient énormément selon les régions.

La proposition visant à transporter du brut de l’Alberta vers le Canada atlantique est majoritairement soutenue en Alberta et en Saskatchewan, où 87 et 78 pour cent des personnes interrogées, respectivement, ont dit appuyer le projet. Ces deux provinces productrices de pétrole souhaitent pouvoir livrer leur brut aux marchés internationaux, ce que permettrait de faire Énergie Est avec un terminal d’exportation à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Les habitants des provinces de l’Atlantique soutiennent Énergie Est à 66 pour cent.

Au Québec, cependant, l’appui au projet ne s’élève qu’à 48 pour cent.

Angus Reid a également demandé aux participants s’ils appuyaient les maires de la région de Montréal, qui ont soulevé des inquiétudes face aux impacts environnementaux qu’aurait l’oléoduc, en janvier dernier. Encore une fois, les divisions régionales ont été marquées, les Albertains appuyant les maires à seulement 11 pour cent, contre 58 pour cent chez les Québécois.

Les tensions régionales se sont accentuées cette semaine, après que Québec eut réclamé une injonction visant à forcer TransCanada, l’entreprise derrière le projet, à respecter les lois environnementales de la province.

Lorsqu’on leur a demandé si le gouvernement fédéral devrait prendre la décision finale au sujet des oléoducs ou si les gouvernements locaux devraient pouvoir les bloquer, une mince majorité des participants — 54 pour cent — ont jugé qu’Ottawa devrait avoir le dernier mot.

Encore une fois, on note une différence marquée entre les provinces: 72 pour cent des habitants de l’Alberta et 79 pour cent de ceux de la Saskatchewan estiment que le gouvernement fédéral devrait trancher. Le Québec et la Colombie-Britannique ont été les seules provinces où l’opinion contraire était plus populaire: 59 et 61 pour cent des participants, respectivement, croient que les gouvernements locaux devraient pouvoir empêcher la construction de pipelines sur leur territoire.

À l’échelle nationale, la majorité des personnes interrogées — 59 pour cent — croient que les oléoducs seront éventuellement construits, même si les projets sont ralentis par l’opposition locale.

Plus de 1500 participants ont répondu aux questions du sondage entre le 2 et le 5 février et le 26 février sur un grand éventail de questions sur le climat et l’énergie.

Les participants font partie du forum Angus Reid, un panel de 130 000 Canadiens qui participent à des sondages et à des discussions. L’Institut Angus Reid précise que le forum inclut des gens de chaque groupe démographique majeur et que les membres reçoivent une petite compensation financière — de 1 à 5 $ — lorsqu’ils répondent à un sondage.

L’Association de la recherche et de l’intelligence marketing juge qu’il est impossible d’attribuer une marge d’erreur à un sondage réalisé en ligne puisque la méthode d’échantillonnage est non probabiliste.