Les atrocités au Darfour n’ont pas cessé, selon Amnistie internationale

KHARTOUM, Soudan — Les forces de sécurité soudanaises ont continué de commettre «des crimes de guerre et d’autres violations graves des droits de la personne» dans la région du Darfour, dénonce Amnistie internationale, alors que le Soudan est secoué par des troubles politiques depuis le renversement par l’armée du dictateur Omar el-Béchir en avril.

S’appuyant sur de «nouvelles preuves troublantes, y compris des images prises par satellite», l’organisation internationale affirme que les unités paramilitaires connues sous le nom de Forces de soutien rapide continuent de commettre des atrocités au Darfour, notamment la destruction de villages entiers, des meurtres et des violences sexuelles.

Ces unités paramilitaires sont issues des milices janjawid mobilisées par le président El-Béchir lors du conflit du Darfour au début des années 2000. Ces milices ont été largement accusées de crimes contre l’humanité, et Omar el-Béchir, actuellement emprisonné à Khartoum, a été accusé de génocide par la Cour pénale internationale.

Le commandant des Forces de soutien rapide, le général Mohammed Hamdan Dagalo, mieux connu sous le nom de Hemedti, est actuellement chef adjoint du conseil militaire qui dirige le Soudan.

Les dirigeants militaires font face à un important mouvement de contestation exigeant qu’ils cèdent le pouvoir à un gouvernement de transition civil. Plus de 100 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre lors de la répression des manifestants prodémocratie, la semaine dernière, selon les leaders des manifestations.

«Au Darfour, comme à Khartoum, nous avons été témoins de la brutalité méprisable des Forces de soutien rapides à l’encontre des civils soudanais. La seule différence est qu’au Darfour, ils commettent des atrocités en toute impunité depuis des années», a déclaré Kumi Naidoo, secrétaire général d’Amnistie internationale.