Les Auberges du cœur préparent un Noël festif pour des jeunes souvent isolés

MONTRÉAL — Les jeunes qui fréquentent les Auberges du cœur ont souvent coupé les ponts avec leur famille, mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils seront seuls pendant le temps des Fêtes.

«Toutes les Auberges du cœur vont faire un Noël avec les jeunes où ils vont remettre des cadeaux (…) on va prendre soin des jeunes, on va être là pour un souper qui va sortir de l’ordinaire, si on veut faire des jeux, faire des activités», indique la directrice du Regroupement des Auberges du cœur, Paule Dalphond.

Même si ces festivités peuvent sembler anodines, elles revêtent d’après elle une grande importance: «C’est un moment privilégié où on prend le temps de dire « je suis comme tout le monde, j’ai le droit de fêter Noël pareil comme tout le monde », et souvent l’auberge devient une famille.»

Alors que les jeunes résidants sont nombreux à passer au travers d’épreuves difficiles, «ils ont besoin de cette reconnaissance-là, de cet accompagnement-là, de dire qu’ils sont partie prenante de la société, souligne Mme Dalphond. Chaque jeune compte, ils sont importants, et si nous ne sommes pas capables de prendre ce temps-là avec eux pour partager des moments, eh bien qui va le faire?»

Selon Mme Dalphond, les intervenants qui préparent ces festivités et passent Noël et le jour de l’an avec les jeunes ne sont rien de moins que des «magiciens», capables de faire tout à partir de rien. «Je regarde les décorations qui ont été faites dans des Auberges du cœur et je me dis, il y a du génie à l’intérieur de ça, mais tout le monde y participe.»

Elle tient aussi à souligner l’importance des dons de la communauté, que ce soit sous forme de nourriture, de vêtements ou de cadeaux, pour rendre le miracle possible.

Une seconde famille

Les Auberges du cœur, une trentaine en tout, accueillent et accompagnent des adolescents et de jeunes adultes, de 12 à 35 ans. Le Regroupement estime que plus de 80 000 jeunes y ont transité en 40 ans.

Les mineurs qui s’y retrouvent sont souvent là de manière temporaire. «Souvent, les familles vont avoir besoin d’un petit répit, simplement, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas», affirme Mme Dalphond. C’est un processus beaucoup moins compliqué que de s’inscrire en centre jeunesse.

Les adolescents passent habituellement les Fêtes en famille. Les jeunes adultes, eux, sont dans une tout autre situation: «Ce sont souvent des jeunes qui n’ont plus de contact avec leur famille, qui ont très peu d’amis, leur réseau social est très petit, donc ils vont rester à l’intérieur de l’auberge.» Ils sont souvent à la rue ou à risque d’itinérance.

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