Les autorités ne signalent aucun incident entre pêcheurs en N.-É.

SAULNIERVILLE, N.-É. — Des pêcheurs de la Première nation Sipekne’katik de la Nouvelle-Écosse s’apprêtaient samedi à récupérer des casiers à homards pendant que la GRC continuait de patrouiller les eaux de la baie Sainte-Marie, dans l’ouest de la province.

Selon la directrice des opérations de la Première Nation, Rhonda Knockwood, les pêcheurs prévoyaient de quitter le quai de Saulnierville pour ramasser les casiers installés jeudi. Les bateaux étaient toujours en voie de préparation pour cette tâche en fin d’après-midi.

«La GRC est là et maintient la paix, a raconté Mme Knockwood. [Les pêcheurs] vont sortir pour vérifier ce qu’il y a là-bas.»

Plus tôt dans la semaine, certains pêcheurs autochtones avaient allégué que des cordes sécurisant certains de leurs casiers à homard avaient été coupées. Mme Knockwood a déclaré qu’aucun piège n’avait été posé vendredi.

Elle a indiqué que des pêcheurs autochtones avaient installé un blocus des casiers à homards à chaque extrémité du quai, samedi.

«La sécurité est vraiment ce que nous essayons de maintenir. Nous nous assurons simplement de nous demeurer dans notre petite bulle ici.»

Un porte-parole de la GRC, le sergent Andrew Joyce a dit qu’aucun incident n’avait été signalé dans la nuit de vendredi. Les policiers ont continué à patrouiller sur l’eau et dans les airs.

La veille, deux personnes avaient été arrêtées et accusées de voies de fait à la suite d’affrontements violents qui ont été signalés autour d’une petite opération autochtone de pêche commerciale au homard hors saison.

Certains pêcheurs allochtones soutiennent que ce commerce autochtone est illégal parce que la saison de pêche régulière est maintenant fermée, mais la Première Nation de Sipekne’katik affirme qu’elle peut pêcher en tout temps, en vertu d’un droit issu d’un traité ancestral et validé par la Cour suprême en 1999.

Deux sénateurs d’origine micmaque ont donné samedi leur appui aux pêcheurs autochtones.

Dan Christmas et Brian Francis ont demandé au gouvernement fédéral de faire respecter les droits des Micmacs à une pêche à revenu modéré qui leur ont été confirmés par la Cour suprême.

«En tant que sénateurs micmacs du Canada, nous sommes solidaires avec les chefs micmacs et l’équipe de négociation micmaque. Nous souhaitons que le gouvernement fédéral entreprenne des consultations sérieuses sur ce processus pour éviter que les droits issus de traités des pêcheurs ne soient davantage enfreints», ont-ils déclaré.

En septembre 1999, la Cour suprême a confirmé le droit des communautés autochtones de l’est du pays de chasser et de pêcher pour «s’assurer une subsistance convenable». Il avait alors statué que Donald Marshall fils avait le droit, en vertu d’un traité ancestral, de pêcher les anguilles quand et où il le voulait — sans permis. L’arrêt Marshall a également conclu que les communautés micmaques, malécites et passamaquoddy de l’est du Canada pouvaient chasser, pêcher et se rassembler pour gagner «un moyen de subsistance convenable» — pour se procurer les «biens nécessaires».

Le tribunal a cependant clarifié son arrêt deux mois plus tard en précisant que le droit issu du traité était tout de même assujetti à la réglementation fédérale. Les pêcheurs non autochtones de l’ouest de la Nouvelle-Écosse soutiennent que cette précision est essentielle pour comprendre leur opposition à une pêche au homard autochtone autoréglementée, qui n’est pas assujettie à la réglementation fédérale.

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