Les avocats de l’aide juridique obtiennent la parité… pour l’instant

MONTRÉAL — Les 372 avocats syndiqués de l’aide juridique ont entériné dans une proportion de 58 pour cent l’entente de principe qui était intervenue avec Québec quant au renouvellement de leur convention collective.

Les avocats ont réussi à obtenir la parité avec les procureurs de la Couronne, ce qui était le principal point en litige, mais ils ne l’obtiennent que lors de la dernière année de leur contrat de travail, soit en 2019.

L’entente précédente était échue depuis mars 2015. Et la négociation a été si longue qu’il leur faudra bientôt recommencer à négocier pour la prochaine convention collective.

Ces avocats salariés sont membres de deux organisations syndicales, soit la Fédération des professionnels de la CSN et la Fédération des avocates et avocats de l’aide juridique — un regroupement indépendant des centrales syndicales. Ils négociaient en cartel.

«Un accueil mitigé»

Le pourcentage d’adhésion de 58 pour cent à l’entente de principe est global, puisque chaque organisation syndicale avait pris un vote de ralliement, a expliqué au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnels.

Elle concède qu’un tel appui est plutôt tiède. «C’est un accueil mitigé, on ne peut pas dire le contraire.»

Plus précisément, sept unités d’accréditation régionales ont voté en faveur de l’entente de principe, quatre ont voté contre, alors que dans l’autre unité, il y a eu égalité des votes.

«Ce qu’il faut voir, c’est que c’est une négociation qui s’est étirée en longueur, avec le gouvernement précédent qui, de toute évidence, ne croyait pas tant que ça à la parité», a justifié Mme Langlois.

La parité tant souhaitée avec les procureurs de la Couronne est obtenue… pour l’instant. «On obtient la parité oui, mais seulement en 2019. Et ce n’est pas la première fois qu’ils obtiennent la parité lors de la négociation, donc c’est sûr que c’est décevant pour eux. C’est malheureux de voir qu’ils doivent à chaque fois se battre pour avoir la parité, négo après négo, et qu’elle ne soit pas acquise une bonne fois pour toutes», a-t-elle conclu.

Pour ce qui est des augmentations de salaire proprement dites, elles correspondent à celles du secteur public pour la période 2015-2019, soit d’abord un forfaitaire de 0,30 $/heure, puis des augmentations de l’ordre de 1.5 pour cent la deuxième année, 1,75 pour cent la troisième et 2 pour cent la quatrième année.

Pour la dernière année de la convention collective, soit 2019, ils toucheront 4,01 pour cent le 2 avril 2019 et 0,75 pour cent le 31 décembre 2019, soit le dernier jour de la convention collective.

Mme Langlois souligne qu’ils ont obtenu «plus que les juristes de l’État qui, eux, se sont vu imposer uniquement les paramètres du secteur public, après plusieurs mois de grève». Ceux-ci avaient même été forcés de rentrer au travail par une loi spéciale.

Les avocats de l’aide juridique n’avaient débrayé que durant une journée, en septembre dernier, en manifestant en toge devant le palais de justice.