Les avocats et notaires du gouvernement croient la grève inévitable

MONTRÉAL – L’exaspération des quelque 1100 avocats et notaires du gouvernement du Québec vient de monter d’un cran; ils se dirigent vraisemblablement vers une grève.

LANEQ, ou Les Avocats et notaires de l’État québécois, a réuni son conseil des représentants, lundi, pour faire le point sur la négociation avec le gouvernement du Québec et sur la suite des choses. Ils sont sans contrat de travail depuis un an et demi.

Or, cette négociation est «au point mort» et la grève apparaît maintenant inévitable, a admis au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, mardi, le président de LANEQ, Me Jean Denis.

«Ce que j’ai entendu lundi, c’est ‘oui on s’y fait; on sait qu’on va devoir aller là (à la grève); c’est plate, mais on va devoir aller là’», a rapporté Me Denis.

Ses représentants vont tâter le pouls des membres jusqu’au 21 septembre.

Me Denis ne peut dire encore à quel moment une éventuelle grève serait déclenchée, mais il assure qu’il s’agirait alors d’une grève générale illimitée, et non de journées de grève isolées ou sous une autre forme.

«J’attends justement de la part des membres qu’ils disent quand ils pensent qu’ils seraient prêts ou quand ce serait mieux de faire la grève», a résumé Me Denis.

Le principal point en litige est la demande du syndicat de modifier en profondeur le régime de négociation qui concerne ses membres. Il veut obtenir un mécanisme d’arbitrage qui lierait les parties. Et, en revanche, il se dit prêt à laisser tomber son droit de grève. «On fait la grève pour ne plus jamais la faire», a résumé Me Denis.

Mais le gouvernement a opposé un non catégorique à cette demande d’arbitrage exécutoire, a rapporté Me Denis. Joint au téléphone, le gouvernement avait déjà répondu qu’il ne voulait pas négocier sur la place publique et qu’il ne voulait donc pas commenter cette négociation.

Ces avocats et notaires sont à l’emploi des différents ministères et organismes, comme l’Autorité des marchés financiers, Investissement Québec, la Régie de l’énergie et l’Agence du revenu. Ce syndicat représente entre autres les légistes, qui rédigent les lois et règlements, par exemple le dernier projet pilote pour le transporteur Uber.

S’ils devaient effectivement en venir à la grève, ces avocats et notaires à l’emploi du gouvernement pourraient nuire au bon fonctionnement de la machine gouvernementale et occasionner des délais, prévient Me Denis.

«Ça risque d’embourber la machine administrative de l’État. Et dans les ministères également, parce que les avocats, dans la fonction qu’on a, on conseille toujours les hautes autorités de l’État. Tous les sous-ministres, les sous-ministres associés et les présidents d’organismes, je vous dirais que souvent, ils ne font pas un pas sans nous demander quoi faire», a soutenu Me Denis.

En plus de leur rôle de conseiller, ces avocats peuvent également agir comme plaideur pour le Procureur général ou pour l’Agence du revenu — pour récupérer des sommes d’argent — ou à la Commission des normes du travail ou à l’Office de la protection du consommateur, par exemple, a indiqué Me Denis.

Ces avocats gagnent en moyenne 100 000 $. La proportion de femmes y est de 67 pour cent.