Les avocats et notaires du gouvernement poursuivent leur grève générale

MONTRÉAL – Gonflés à bloc, les avocats et notaires du gouvernement ont décidé dans une proportion de 90 pour cent de poursuivre leur grève générale illimitée.

Ils étaient réunis au cours de deux assemblées générales qui se tenaient à Montréal et Québec en même temps, mardi, pour faire le point sur leur négociation, après bientôt deux mois de grève.

La grève a été amorcée le 24 octobre dernier et la détermination des membres est palpable.

Au cours d’une entrevue en fin de journée, le président du syndicat professionnel Les Avocats et notaires de l’État québécois (LANEQ), Me Jean Denis, a assuré que ses membres étaient prêts à débrayer encore en 2017 s’il le faut.

«Ils veulent poursuivre (la grève) parce qu’ils se sentent méprisés. Ils sentent que le gouvernement veut les ridiculiser et qu’il ne les respecte pas du tout. Ils nous ont même dit que le gouvernement devrait avoir honte de traiter ses avocats de la sorte», a résumé Me Denis.

D’ailleurs, aucune séance de négociation avec Québec n’est prévue à l’heure actuelle, a souligné Me Denis.

À Montréal, un autre représentant de LANEQ a voulu donner une idée des répercussions de cette grève des 1100 avocats et notaires à l’emploi du gouvernement.

«On a atteint des milliers de remises devant les tribunaux. À la dernière session parlementaire, le bilan a été très, très mince. On peut s’attendre, si la grève doit continuer, à ce que le bilan soit encore plus mince pour la prochaine session parlementaire, parce que là, les projets de loi qui devraient être préparés en vue de cette session-là, on n’est pas là pour les préparer. Les conséquences vont continuer à s’accumuler malheureusement», a prévenu François Desroches-Lapointe, avocat.

Me Denis, quant à lui, ne parle plus d’un «régime minceur» au plan législatif, comme ça a été le cas pour la dernière session parlementaire à l’Assemblée nationale, mais d’un «régime végétalien» pour la prochaine session.

À Montréal, 335 membres étaient inscrits à l’assemblée générale. Avec l’assemblée de Québec, l’organisation a rapporté près de 900 inscriptions.

La revendication principale de LANEQ est de modifier le régime habituel de négociation par un mécanisme d’arbitrage qui lierait les parties. Le gouvernement a toutefois opposé une fin de non-recevoir à cette demande.

LANEQ veut pour ses membres un traitement similaire à celui des procureurs aux poursuites criminelles et pénales, comme c’est le cas dans les autres provinces canadiennes, selon Me Denis.

Le président du Conseil du trésor et ministre responsable de l’Administration gouvernementale, Carlos Leitao, a exprimé son impatience, le 14 décembre dernier, affirmant qu’après sept ou huit semaines de grève, «c’est le temps d’avancer».

D’ailleurs, les dernières offres gouvernementales, qui reprenaient pour l’essentiel les augmentations salariales consenties aux syndiqués du secteur public, moins les paiements de relativité salariale, ont été rejetées à 97 pour cent par les avocats et notaires du gouvernement.