Les baisses d’impôt: «une fausse bonne idée», disent les centrales syndicales

MONTRÉAL — Les électeurs qui seraient tentés de se laisser séduire par les promesses de baisses d’impôt de certains partis politiques devraient se rappeler qu’on manque encore d’enseignants et qu’au plus fort de la pandémie, il a fallu faire venir l’armée dans des CHSLD parce qu’on manquait de travailleurs.

Les quatre centrales syndicales ont rencontré la presse, vendredi à Montréal, pour faire état de leurs demandes aux partis politiques, dans le cadre de la présente campagne électorale.

Elles en ont profité pour commenter les récentes promesses de baisses d’impôt ou d’envoi de chèques aux contribuables.

La CSQ, la FTQ, la CSN et la CSD rappellent l’importance des services publics: des soins de santé, de l’éducation, des services de garde, qui sont justement financés par ces impôts. Payer moins d’impôt voudra nécessairement dire accepter qu’il y ait moins de services publics, ont-elles fait valoir à l’unisson.

Pour les quatre, qui représentent ensemble 1,2 million de travailleurs québécois, les baisses d’impôt sont «une fausse bonne idée».

«Pour nous, c’est important: ça prend des mesures permanentes, qui vont aider les gens moins nantis à sortir un peu de la misère. La meilleure façon, c’est bien sûr d’augmenter le salaire minimum, parce que ceux qui travaillent à 14,25 $ l’heure, au moment où on se parle… l’inflation et les taux d’intérêt ont un impact beaucoup plus important sur ces personnes-là», a plaidé Daniel Boyer, président de la FTQ.

«On pourrait augmenter les programmes sociaux, les améliorer, on pourrait améliorer l’aide sociale, mais des mesures qui vont être permanentes et non pas des mesures temporaires qui mettent un « plaster » sur un bobo temporairement et qui laissent les gens dans la misère par la suite», a-t-il poursuivi.

La présidente de la CSN, Caroline Senneville, a renchéri: «est-ce qu’on se souvient qu’il y a quelques mois, on avait l’armée dans nos CHSLD? Est-ce qu’on se souvient que dans une société riche comme la nôtre, il y a des gens qui sont morts dans les CHSLD, pas de la COVID mais de soif, parce qu’on manquait de bras? Je me demande dans quel monde certaines personnes vivent».

Ensemble

Luc Vachon, président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), aimerait que plus de questions soient discutées avec la société civile, qu’il s’agisse de transition énergétique, d’immigration, de pénurie de main-d’oeuvre, de développement économique des régions, de l’autonomie alimentaire que le Québec veut développer, par exemple. Il plaide donc pour un plus grand dialogue social.

Les quatre présidents sont conscients que des électeurs se laissent séduire par des promesses de baisses d’impôt ou d’envoi de chèques. Mais «on fait le pari que la très grande majorité de nos membres et la grande majorité de la population ont les mêmes valeurs qu’on représente», a affirmé Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

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