Les camps d’été sont dans la mire de la 15e Brigade Splash pour prévenir les noyades

MONTRÉAL — La Brigade Splash reprend son bâton de pèlerin pour un 15e été afin de sensibiliser la population sur les bonnes habitudes à adopter au bord d’installations aquatiques. 

La cohorte de brigadiers a pour objectif de visiter 100 endroits un peu partout dans la province. Après avoir axé sa dernière campagne sur les règles face à la pandémie, l’initiative de la Société de sauvetage et de la Régie du bâtiment du Québec portera davantage son attention sur les camps de jour.

La Brigade souhaite rappeler les rôles et les responsabilités de chacun au cours de sorties aquatiques, autant du côté des jeunes, que des sauveteurs et des exploitants des lieux de baignades. 

Auprès des exploitants, les brigadiers vérifient, par exemple, si le nombre de préposés présents est conforme à la réglementation. Du côté du public, les animateurs vont faire un rappel des consignes comme éviter de se baigner seul. 

«Pour nous, c’est de toujours s’assurer des plaisirs aquatiques avec tous les baigneurs, de ne pas tout interdire. De bien faire comprendre aux enfants les zones délimitées autant pour la piscine que pour la plage ou le parc aquatique, là où je peux baigner en toute sécurité», a souligné le directeur général de la Société de Sauvetage, Richard Hawkins. 

Il espère que les interventions de la Brigade pourront permettre d’éviter un autre drame comme celui survenu il y a plus d’une semaine dans une base de plein air de Québec où un garçon de 10 ans s’est noyé à l’occasion d’une sortie scolaire. 

Les décès dans les lieux de baignade, comme les piscines publiques et les campings, représentent tout de même moins de 1% des noyades, expose M. Hawkins, sans en amoindrir l’importance. 

Un bilan similaire à 2020?

En date du 25 juin, M. Hawkins signale au moins 28 noyages depuis le début de l’année, un nombre presque similaire à pareille date l’an dernier. Selon lui, tous les éléments sont malheureusement réunis pour que le bilan de 2021 ressemble à celui de 2020, quand 95 décès avaient été déplorés. 

«Il ne s’est jamais vendu autant de piscines résidentielles, de sports de pagaies, de motomarines et d’embarcations. Alors le moindrement qu’il va faire beau et chaud, les gens vont vouloir être près de l’eau et dans l’eau parce que la majorité passe leurs vacances au Québec», a fait valoir Richard Hawkins. 

S’ajoutent à ces facteurs le télé-travail qui pourrait être une source de distraction chez les parents et le fait que plusieurs enfants n’ont pu suivre des cours de natation depuis plus d’un an. 

«J’ose espérer qu’on soit en dessous des 95, mais ça fait partie de mes préoccupations que j’ai depuis quelques semaines que tout s’enligne pour être à peu près dans les mêmes zones que l’année dernière. C’est ce qu’on veut faire avec la Brigade Splash et les autres campagnes, diminuer le nombre d’incidents. On le sait, la noyade est évitable plus souvent qu’autrement», a soutenu M. Hawkins 

Il observe tout de même que le bilan s’est amélioré au fil des décennies. Dans les années 1980, le Québec rapportait annuellement en moyenne 200 décès liés à l’eau contre 80 depuis 10 ans. 

«Il y a 30 ans, on n’avait pas au-delà de 300 000 propriétaires de piscines résidentielles, plus de 1,2 million de plaisanciers, et je ne sais plus combien de nouvelles installations aquatiques et de plages. Somme toute, si j’y vais par taux de participation, les noyades n’ont pas juste diminué en chiffres absolus, mais ont aussi beaucoup diminué par rapport au taux de fréquentation», avance M. Hawkins. 

L’obligation pour tous les propriétaires de piscines résidentielles d’avoir un dispositif limitant l’accès à leur installation d’ici juillet 2023 pourrait permettre de réduire encore davantage le nombre de noyades, selon Richard Hawkins. 

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