Les Canada et les pays européens sont loin de leur cible de dépenses militaires

BRUXELLES — Le Canada et les pays européens ont augmenté leurs dépenses militaires pour une sixième année consécutive, mais la plupart d’entre eux ne parviendront toujours pas à atteindre l’objectif convenu en 2014 à l’OTAN d’ici 2024, selon de nouveaux chiffres discutés jeudi par les ministres de la Défense de l’Alliance atlantique.

Les membres de l’OTAN avaient réduit leurs budgets militaires dans les années 1990, après la guerre froide, mais ils se sont ravisés en 2014 lorsque la Russie a annexé la péninsule de Crimée, en Ukraine. Cette année-là, les alliés de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) se sont engagés à consacrer à la défense 2 % de leur produit intérieur brut (PIB) d’ici 2024.

Selon les nouvelles données, la France et la Norvège devraient rejoindre cette année les huit autres membres qui ont atteint cette cible: le Royaume-Uni, les trois pays baltes, la Grèce, la Pologne, la Roumanie et les États-Unis — qui ont un budget militaire plus important que l’ensemble de ses 29 alliés de l’OTAN. Ces chiffres ont été discutés jeudi par les ministres de la Défense des pays membres de l’OTAN, lors d’une visioconférence de deux jours.

Mais les 20 autres alliés rateront cette cible, selon les projections dévoilées cette semaine: cela va d’un peu moins de 2 % en Bulgarie, en Croatie, en Macédoine du Nord, en Slovaquie et en Turquie, jusqu’à moins de 1 % au Luxembourg. À peu près au milieu, le Canada et l’Italie devraient dépenser un peu moins de 1,5 % cette année.

Mais puisque le PIB varie avec la croissance économique, l’impact du coronavirus, qui a ravagé les économies mondiales, joue probablement un grand rôle dans ces «performances» — ce qui a sans doute poussé la France et la Norvège au-dessus de la barre des 2 % cette année. Ainsi, à cause de cet «effet comptable du PIB», le Canada consacrera cette année à la défense 1,45 % de son PIB, comparativement à 1,29 % l’an dernier; pourtant, il ne devrait ajouter qu’un peu plus d’un milliard de dollars à son budget militaire de 30 milliards $.

La «cible 2 %» ne concerne que les budgets nationaux de défense: il n’a rien à voir directement avec le budget de l’OTAN. D’ailleurs, aucun des 30 alliés ne doit de l’argent à l’Alliance ou à l’un de ses membres.

Depuis son arrivée au pouvoir, en 2016, le président américain Donald Trump s’est concentré presque obsessivement sur les dépenses de défense et il n’a pas hésité à réprimander ses alliés pour avoir raté leur cible. Au début de son mandat, il a même laissé entendre que les États-Unis pourraient ne pas venir en aide à un allié en difficulté si son budget de défense n’était pas assez important.

Mercredi, l’envoyée américaine auprès de l’OTAN, Kay Bailey Hutchison, a salué les nouvelles prévisions de dépenses des alliés. «Nous sommes heureux de voir que cela va dans la bonne direction. Nous avons encore beaucoup de travail à faire, mais depuis les six dernières années, les dépenses de nos alliés européens et canadien ont augmenté, je crois, de 130 milliards $, et nous savons que cela va continuer à augmenter jusqu’en 2024», a-t-elle souligné.

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