Les Canadiens défilent à Riga pour la fête de l’indépendance de la Lettonie

RIGA, Lettonie — Des militaires canadiens ont participé vendredi à Riga, en Lettonie, au défilé de la fête de l’indépendance, qui prend une signification toute particulière dans le contexte de la guerre en Ukraine.  

La Lettonie, un petit pays balte qui partage une longue frontière avec la Russie, craint en effet une invasion de son puissant et imprévisible voisin, pour avoir subi son occupation fréquente tout au long de son Histoire.

Le Canada a envoyé pas moins de 1000 militaires dans ce pays avec ses alliés de l’OTAN, afin de créer une force de défense et de dissuasion, basée au camp Adazi, non loin de Riga. 

Le Canada joue «un rôle essentiel» dans le petit pays balte, a souligné à La Presse Canadienne le lieutenant-colonel Jérémie Gauvreau, commandant adjoint de la Force opérationnelle Lettonie. 

Vendredi après-midi, un groupe de soldats canadiens a donc pris part au long cortège qui a marché au pas devant le président letton, Egils Levits, et des invités officiels, sur un boulevard qui longe le fleuve Daugava, en pleine ville de Riga. 

Des porte-drapeaux des différents alliés de la Lettonie membres de l’OTAN ont aussi défilé, ainsi que des Ukrainiens.

Un arsenal a aussi été exhibé à la foule nombreuse qui semblait ravie, en ce jour froid, mais sans pluie, de pouvoir de nouveau assister au défilé, après deux années de COVID au cours desquelles les rassemblements étaient limités.

La Lettonie et l’OTAN voulaient ainsi démontrer leur force de frappe, notamment avec des obusiers autotractés, des chars d’assaut, des transporteurs de troupes blindés, des camions du génie, en plus d’avions de combat et d’hélicoptères de l’armée américaine.

«C’est un pays limitrophe qui ne veut pas retourner à l’ère soviétique et qui craint une invasion russe, a justifié le lieutenant-colonel Gauvreau. Cela fait plusieurs années que les Lettons avertissent l’OTAN que la Russie est très agressive.»

Et le cours des événements semble leur avoir donné raison. Car les Lettons ont de l’expérience. En effet, ils ont dû s’affranchir et gagner leur indépendance par deux fois aux dépens des Russes. 

La première fois, le 18 novembre 1918, il y a exactement 104 ans, ils ont proclamé la République à la suite de la chute de l’empire russe et de la révolution bolchévique. Mais le dictateur soviétique Staline les a de nouveau annexés de force en 1939. Puis en 1991, lors de la désagrégation de l’URSS, les Lettons en ont profité pour déclarer l’indépendance. 

La domination russe a laissé un souvenir douloureux dans la mémoire lettonne, a assuré le secrétaire d’État au ministère de la Défense, Janis Garisons. Il ne faut surtout pas céder un pouce aux Russes, a-t-il laissé entendre en entrevue avec La Presse Canadienne vendredi.

Et une invasion de la Lettonie pourrait déclencher un embrasement général, a rappelé le lieutenant-colonel Gauvreau. En effet, en vertu du traité de l’Alliance atlantique (OTAN), si un État membre est victime d’une attaque armée, les autres membres considèrent cet acte comme une agression qui les vise aussi. 

«Il y a toujours un risque dans la région. On ne sait pas ce qui se passe dans la tête de Poutine.»

L’officier originaire de Jonquière, une municipalité maintenant intégrée à Saguenay, a également pris part à d’autres activités officielles en ce jour très solennel en Lettonie. Il a notamment déposé une gerbe de fleurs au pied du monument de la Liberté. 

Juste après l’entrevue en matinée, il s’est rendu à une cérémonie religieuse à la cathédrale protestante de Riga, à laquelle prenaient part le président de la République, et aussi un grand nombre de dignitaires et d’officiers supérieurs. 

«On représente notre drapeau et l’intégration avec les Lettons, pour ce jour de la libération de la Lettonie», a-t-il conclu.

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