Les Canadiens ne sont pas préparés financièrement pour les inondations

CALGARY – Le Canada est le seul pays du G7 qui laisse les propriétaires de maisons se débrouiller financièrement à la suite d’une grave inondation, selon un nouveau rapport.

L’étude, publiée par la société d’assurance Swiss Re Canada, précise que les inondations ont représenté la moitié des désastres naturels au Canada depuis 1970.

Christoph Oehy, de Swiss Re Canada, explique que les habitations canadiennes sont soit entièrement vulnérables, soit légèrement protégées en cas de pertes causées par des inondations.

Bien qu’il soit possible de se procurer des assurances pour certains périls liés à l’eau au Canada, des polices d’assurance complète en cas d’inondation résidentielle n’étaient pas disponibles jusqu’à tout récemment.

La situation actuelle fait en sorte que les propriétaires et les gouvernements doivent payer pour la majorité des dommages causés par les inondations. Plusieurs familles se retrouvent ainsi sans les fonds nécessaires pour rebâtir leur vie et la reprise économique est par conséquent retardée dans les régions touchées.

Le rapport a été publié quelques jours avant le troisième anniversaire des inondations de 2013 dans le sud de l’Alberta, qui ont forcé 100 000 personnes à quitter leur domicile, surtout à Calgary et High River. Les inondations ont causé quelque 6 milliards $ de dommages.

Selon le rapport, les assurances n’ont couvert que le tiers, environ, des pertes économiques subies à la suite des inondations en Alberta. Quelques semaines plus tard, à Toronto, les assurances n’ont permis de récupérer qu’environ 1 milliard $ des pertes totales de 1,5 milliard $ causés par une inondation ayant submergé les routes, les rails et les sous-sols.

Swiss Re a utilisé un modèle d’inondation pour estimer les coûts que des inondations catastrophiques comme il en survient une fois tous les 200 ans pourraient engendrer dans chaque province.

Selon le rapport, des inondations semblables au Québec pourraient s’apparenter à «une version plus grave du déluge survenu au Saguenay en 1996». L’étude projette des pertes économiques de 4,2 milliards $ pour la province, alors que 1,8 milliard de pertes seulement seraient assurées. Dans les provinces de l’Atlantique, on prévoit plutôt des pertes de 0,8 milliard $ lors de graves inondations, dont 0,3 milliard $ seraient assurées.