Les Canadiens seraient-ils plus fiers de leur présent que de leur passé?

Un sondage mené pour l’Association d’études canadiennes suggère que les Canadiens seraient plus fiers des événements qui les touchent aujourd’hui que des grands événements qui ont marqué l’histoire de leur pays.

Le sondage en ligne a révélé que 73 pour cent des répondants considèrent les soins de santé universels comme une «source importante de fierté personnelle ou collective au Canada», alors que 70 pour cent sont fiers de leur passeport canadien.

«Nous attachons une grande importance aux éléments qui nous unissent aujourd’hui — des éléments plus actuels, que nous avons tendance à valoriser», a déclaré Jack Jedwab, président et chef de la direction de l’organisation à but non lucratif. «Nous ne regardons pas trop en arrière: nous essayons de regarder ici maintenant et vers l’avenir.»

Le drapeau canadien occupe la troisième place sur la liste des symboles de fierté (67 pour cent), suivi par la Charte canadienne des droits et libertés, l’hymne national, les forces armées et le multiculturalisme (41 pour cent).

Les événements historiques, par contre, se retrouvent plutôt au bas de la liste: les accords de la Confédération de 1867, par exemple, ne constituaient qu’un motif de fierté pour 37 pour cent des répondants, et la monarchie 15 pour cent.

«Même si nous apprécions notre histoire, ces événements fondateurs semblent être de plus en plus éloignés des préoccupations pour lesquelles nous accordons la plus grande valeur», a estimé M. Jedwab. Il souligne par exemple que les Canadiens âgés de 18 à 24 ans sont plus susceptibles d’être fiers des Raptors de Toronto (36 pour cent), qui ont récemment remporté le championnat de la NBA, que de la naissance de la fédération canadienne (29 pour cent).

Au Québec, les répondants ont suivi en général les tendances nationales, sauf quelques exceptions: le drapeau canadien est un peu moins célébré (49 pour cent), comme la Charte canadienne (58) ou l’hymne national (34 pour cent), et le multiculturalisme n’est cité que par 28 pour cent des répondants québécois, contre 50 pour cent en Ontario, par exemple.

Les accords de la Confédération de 1867 sont aussi moins souvent cités au Québec (27 pour cent contre 37 à l’échelle nationale, mais 33 en Colombie-Britannique). Par contre, les langues officielles et le bilinguisme obtiennent beaucoup plus de votes au Québec (55 pour cent) que dans l’ensemble du pays (39 pour cent).

Il existe aussi de grands écarts générationnels dans le choix des symboles canadiens: si les 18-24 ans sont beaucoup plus nombreux que les 65 ans et plus à célébrer le multiculturalisme (51 pour cent contre 31), ils sont moins enclins à citer le passeport canadien ou l’hymne national comme source de fierté personnelle ou collective.

Mais les jeunes sont deux fois et demie plus nombreux que les aînés à être fiers de leurs Tim Hortons (à 37 pour cent contre 15).

Le sondage Léger Marketing a été mené par l’entremise d’un panel Web entre le 20 et le 23 juin auprès de 1545 Canadiens âgés de 18 ans et plus. Les experts en recherche et en méthodologie estiment qu’il est impossible d’attribuer une marge d’erreur à un sondage réalisé en ligne, puisque la méthode d’échantillonnage est non probabiliste.