Les Canadiens sont en sécurité après une attaque à la roquette en Irak

OTTAWA — Le ministère de la Défense nationale a indiqué que tous les militaires canadiens étaient en sécurité après une attaque à la roquette d’une base militaire en Irak survenue mercredi.

L’attaque a tué au moins deux Américains et un soldat britannique et fait une dizaine de blessés.

L’attaque a touché le camp Taji, l’une des bases abritant du personnel militaire canadien impliqué dans une mission de l’OTAN pour former des soldats irakiens dans le cadre des efforts visant à vaincre l’État islamique en Irak et au Levant.

«Les Forces armées canadiennes sont au courant de l’attaque à la roquette à Taji», a déclaré un porte-parole du ministère de la Défense, Daniel Le Bouthillier, dans un communiqué.

«Tous les membres des Forces armées canadiennes dans la région sont en sécurité et sont comptabilisés. Pour des raisons de sécurité des opérations, nous ne fournirons aucun détail précis sur le nombre ou l’emplacement du personnel des Forces armées canadiennes dans la région.»

Le Canada compte environ 500 militaires en Irak qui contribuent à former les autorités locales et qui les aident dans la lutte contre l’État islamique en Irak et au Levant.

Des responsables américains ont déclaré que l’un des cinq militaires blessés lors de l’attaque avait été grièvement blessé et évacué de la base militaire et que sept autres étaient toujours en train d’être évalués. Des bâtiments de la base étaient en flammes.

Plusieurs autres responsables américains ont confirmé que des soldats américains avaient été tués et blessés, mais ils n’ont pas fourni de chiffres. Les responsables se sont exprimés sous le couvert de l’anonymat pour donner des détails sur l’attaque avant qu’une annonce publique ne soit faite.

Le colonel Myles Caggins, un porte-parole de l’armée américaine en Irak, a déclaré sur Twitter que plus de 15 petites roquettes ont frappé le camp Taji, au nord de Bagdad. Il n’a fourni aucun détail. Un autre responsable américain a déclaré que jusqu’à 30 roquettes avaient été tirées depuis un camion et que 18 avaient touché la base.

Les responsables n’ont pas dit quel groupe est selon eux à l’origine de l’attaque à la roquette, mais il est probable qu’il s’agisse du Hezbollah irakien ou d’un autre groupe de milices chiites soutenu par l’Iran.

Le Hezbollah irakien est responsable d’une attaque à la roquette fin décembre sur une base militaire à Kirkouk qui a tué un entrepreneur américain. Les militaires américains avaient répliqué par des frappes.

Cela a conduit à des manifestations devant l’ambassade des États-Unis à Bagdad. Elles ont été suivies le 3 janvier par une frappe aérienne américaine qui a tué le puissant militaire iranien, le major général Qassem Soleimani ainsi que Abu Mahdi al-Muhandis, un chef des milices irakiennes soutenues par l’Iran, dont le Hezbollah irakien est membre.

Un général canadien de haut rang a indiqué cette semaine que les milices chiites soutenues par l’Iran sont une plus grande menace pour les soldats canadiens que l’État islamique en Irak et au Levant.

«Je suis davantage préoccupé par ce groupe de milices chiites que je ne le suis par Daech parce que Daesh a été battu militairement», a déclaré lundi à un comité parlementaire le lieutenant-général Michael Rouleau, le commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada.

«Ces milices chiites qui nous préoccupent sont très bien équipées. Elles ont de l’artillerie à tubes. Elles ont des systèmes de roquettes à lancement multiple et des drones armés. […] Ce sont des entités proto-étatiques qui sont équipées comme des armées d’État, et alors oui, je suis très inquiet.»

—Avec des informations de l’Associated Press

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